L'instant ciné

31 décembre 2013

THE MORTAL INSTRUMENTS: CITY OF BONES de Harald Zwart

MortalInstrumentsPoster2013, c'est fini ! Et si j'ai parlé du meilleur (ouais, pas tout, mais y a "Cloud Atlas" et "Gravity", même si ça ne pardonne pas l'absence de "La désolation de Smaug" ou de "The World's End", je le concède), ainsi que de quelques-unes de ces innombrables bouses (la liste est trop longue), il me fallait partir sur du lourd. Ç'aurait pu être "Smaug", c'est vrai. J'aurais pu passer des paragraphes entiers sur le génie de Peter Jackson prenant 15, voire 20 minutes, pour laisser apparaître le dragon, le dévoilant petit bout par petit bout jusqu'à un final grandiose où l'on se rend compte à la fois de son ampleur, et du fait qu'on n'avait en réalité jamais vu de dragon au cinéma. Mais ça, ce sera pour plus tard.
Nan, aujourd'hui, j'ai une terrible envie de me marrer. Pour ce faire, quoi de mieux que le monde merveilleux des productions nazes cherchant à tout prix à être "le nouveau Twilight" ? La réponse est simple mes enfants : rien !

Bienvenue dans un monde où l'on adapte tout et n'importe quoi à condition que ça puisse remplir les conditions ayant fait de "Toilettes" (c'est pas ça le titre français ? Ah bon. Pourtant, c'est sa place) un succès. Love story insipide ? Check. Vampires ? Check (un quart de seconde, mais check quand même). Loups-garous ? Check. (D'ailleurs, ce sont des bikers qui, lorsqu'ils se baladent en groupe, le font dans un bus scolaire. Classique.) Voilà, les conditions sont presque remplies. On y ajoute donc un scénario écrit par une mongolienne, et un réalisateur qui a commis "Agent Cody Banks", "La panthère rose 2" ou encore le remake de "Karate Kid" (où y avait pas de karaté, mais du kung fu. Va comprendre). Bref, une belle équipe de branleurs avec un casting de jeunots sans charisme (mention spéciale à Jamie Campbell Bower, déjà présent dans "Twilight" !) et quelques seconds rôles de talent dont on se demande ce qu'ils viennent foutre là (Kevin Durand, le Keamy de "Lost", ou encore Aidan Turner, le Kili du "Hobbit" – Keamy, Kili, c'est drôle, non ? Non. D'accord.)
Quoi qu'il en soit, ça y est, on l'a notre gros tas de merde de 2013. Mieux que "Beautiful Creatures" et "The Host" réunis. Alors que faire pour se distinguer ? Ben on va faire simple : en plus des vampires et des loups-garous, on va, en bonus ultime, ajouter des démons et autres sorciers. Et le triangle amoureux ? Oh oui, il y sera. Mais encore une fois, on ne peut pas s'arrêter là-dessus. Du coup, ils seront 4 dans cette histoire ! Parmi eux, un homo refoulé. Véridique. Mais je le sens, ce n'est absolument pas assez, et vous en voulez plus ! Très bien, mais accrochez-vous alors car il y a un frère et une sœur impliqués dans cette affaire de cœur. Oui, tout à fait. D'ailleurs, ils auront droit à la scène de baiser la plus clichton possible, avec chanson sirupeuse et un arrosoir automatique pour remplacer la pluie. En clair, ça va bouffer à tout les râteliers, et moi, ça me fait marrer ! Et pour ceux qui étaient en train de manger, je vous souhaite donc un bon appétit. Quant à Christine Boutin, si elle passe dans le coin, je ne doute pas un instant qu'elle n'a pas pu saisir en quoi c'était dégueulasse.

Bref, je vous souhaite à nouveau la bienvenue dans un univers merveilleux où il faut être habillée comme une pute pour combattre les forces du mal. Perso, ça me dérange pas, face à la pauvreté de la mise en scène, ça me permet de poser les yeux sur quelque chose de moins désagréable. Autre point fort de cet univers, c'est qu'il rend hommage à "Indiana Jones et le royaume du crâne de cristal". Et si vous n'aviez pas aimé le coup du frigo, "The Mortal Instruments" se charge de sa réhabilitation en l'utilisant cette fois pour se protéger d'une explosion de gaz. Avec les pieds qui dépassent de la porte, mais qui ne sont pas brûlés. Mais ça, c'est juste un détail, on s'en fout !

Que reste-t-il alors de cette purge ? Tout est dans la question. Deux très longues heures où le joli minois de Lily Collins ne suffit pas à pallier la vacuité de… tout en fait. Alors, qu'est-ce qu'on en fait ? Bah on le balance à la poubelle si on tombe dessus (même si t'es en magasin, hein. Tu vides le rayon, tu fous ça dans la poubelle, et tu te casses !), ou alors, si votre sœur est conne (ce dont je ne doute pas), vous pouvez le lui offrir, ça fera joli à côté de son coffret "Twilight". Après tout, cette merde a été faite pour elle, alors pourquoi s'en priver ?

07 novembre 2013

WHITE HOUSE DOWN de Roland Emmerich

WHDown

J'en ai marre.
J'en ai marre de voir les films de mon enfance faire l'objet de remakes insipides. Surtout quand ces œuvres ne sont pas de simples films "pour enfants", mais justement des œuvres universelles qui ne prennent pas une ride et ont un impact encore plus fort lorsque tu es adulte et, ainsi, capable d'en saisir la portée thématique. J'en ai aussi marre de voir ce même genre de film obtenir une suite 15, 20 ans plus tard, pour réaliser que ceux qui sont aux commandes de la chose (parce qu'ils l'aiment disent-ils) n'ont rien compris à l'univers qu'ils sont en train de saloper. Et puis j'en ai marre de voir de grandes œuvres déclinées de mille et une façons, tout ça sur l'autel du Dieu dollar.
Du coup, après m'avoir cassé les couilles avec son trip auteuriste qu'était "Anonymous", Roland Emmerich a décidé de me chier à la gueule. Pas de chance connard : j'ai la diarrhée. Et je suis poète aussi. Tu peux pas test, Roland.


Car oui, dans 'White House Down', tout est un rip-off mal pensé de 'Die Hard'. Channing Tatum y interprète John Cale, parce que trouver un nom qui ne ressemble pas à John McClane était trop difficile. Du coup, il passera une majeure partie du film en débardeur blanc qui va, petit à petit se salir. Mais pas trop non plus, et avec le sang en moins, faudrait pas choquer ma grand-mère. Avec ça, il se balade dans la Maison-Blanche au lieu du Nakatomi Plaza, et y a sa fille qui fait partie des otages. Oui, parce que sa femme, elle, elle connaît sa place, donc elle est à la maison en train de faire à bouffer et faire le ménage.

Le truc, c'est que je pourrais m'arrêter là. Malheureusement, Emmerich, lui, ne s'est pas arrêté là. Il a fallu (je pense à phallus du coup, et ça m'amuse plus que le film) qu'il s'autoréférence (citer 'Independance Day', ça aussi c'est très malin), et qu'il transforme son film en… buddy movie ! Eh ouais : lorsque Tatum chope le Président des États-Unis (Jamie Foxx, aussi crédible que Brad Pitt butant du zombie dans 'World War Z'), ça devient la bonne grosse pantalonnade, et on se fout du reste. Sauf que Foxx est cool. Donc le Présent doit être cool. C'est pourquoi il portera des baskets de marque, et rien d'autre. On appelle ça la grande classe.
Face à eux, on a droit à un bad guy qui nous apprend qu'il est diabétique (c'est cool, après le crétin qui mange des carottes dans 'Die Hard 5', on reste sur sa lancée, j'aime beaucoup), et une intrigue de vengeance/manipulation/coup d'État/mes couilles sur ton menton/et autres conneries pas franchement intéressantes. Parce que oui, vous savez, dans 'Die Hard', on pense avoir affaire à des terroristes, puis on découvre qu'il s'agit de toute autre chose. Du coup, ça aussi, il faut le reproduire. Merci les gars. Même 'Olympus Has Fallen' (qui a la même idée de départ, allez relire ma review) ne se donnait pas autant de mal pour montrer sa non-originalité. Mais pas Emmerich. Lui, c'est un vieux de la vieille, il s'en bat les steaks.

Alors, oui, le film a pour lui un casting absolument génial (Jason Clarke, Richard Jenkins, James Woods, Jimmi Simpson, Lance Reddick, Kevin Rankin), mais celui-ci n'est au service de rien. Ça met déjà quatre plombes à démarrer (30 très longues minutes d'exposition inutile où l'on va suivre Tatum qui essaie de convaincre sa fille qu'il est cool – parce que tu vois, McClane, lui aussi avait des problèmes avec sa femme !), et une fois que l'action est là, y a pas grand-chose de très palpitant. PG-13 oblige, ça reste très correct dans son déroulement, à peine divertissant tout au plus. Bon, c'est sûr, c'est moins pire que 'Die Hard 5' et plus regardable que 'Olympus Has Fallen', mais ce n'est pas suffisant pour réévaluer sa qualité. Le truc, c'est que 'White House Down' n'est pas assez intelligent pour être bien, et n'est certainement pas assez con pour être fun. En fait, le film pourrait se résumer en une scène : Channing Tatum qui cause avec un écureuil. Voilà.

Maintenant, je pose une question très sérieuse : comment peut-on prétendre aimer 'Die Hard' (je parle bien sûr du travail de John McTiernan) et trouver ne serait-ce que sympathique la suite/merde qui nous a été livrée cette année ? Comment peut-on prétendre aimer 'Die Hard' et voir en 'Olympus Has Fallen' et 'White House Down' des divertissements sinon excellents, au moins de qualité, qui en sont de dignes héritiers ? Comment peut-on prétendre que ces choses-là ont "l'esprit 'Die Hard'" ? Comment peut-on simplement oser les mettre dans la même catégorie ? Comment peut-on être fier d'avoir apprécié ça ? La réponse est bien simple : parce que vous n'avez décidément toujours pas compris ce qui faisait de 'Die Hard' le chef d'œuvre qu'il est.
'White House Down' est à ranger dans votre DVDthèque, catégorie poubelle.

28 octobre 2013

GRAVITY de Alfonso Cuarón

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Sept ans depuis le déjà formidable (et probable meilleur film de la décennie '00 aux côtés du 'Labyrinthe de Pan' de Guillermo Del Toro) 'Children of Men' qu'on l'attendait. Le nouveau film d'Alfonso Cuarón. Une très longue attente due à une mise en place de moyens techniques continuant de nous mener vers le cinéma de demain, créant ainsi une œuvre unique en son genre, quelque chose de jamais vu. Ce film est 'Gravity'. Une expérience sensorielle qui va au-delà de toutes nos espérances. Le genre (rare) de film qui se vit plus qu'il ne se raconte.

Il n'y a pas de mot pour décrire 'Gravity'. Après tout, comment décrire quelque chose qu'on ne s'explique pas soi-même ? Parfois, il faut savoir faire preuve d'humilité et admettre qu'une œuvre peut être plus grande que nous ne le serons jamais, qu'elle est plus intelligente et mature que nous ne pourrions rêver l'être. 'Gravity', c'est comme lever les yeux au ciel et tenter de toucher les étoiles. Car au-delà de la technique (parfaite), c'est à une œuvre d'une beauté pure débordant d'émotion que l'on a à faire. L'immersion y est totale au point de nous faire oublier la notion du temps. On ne voit pas celui-ci passer car on n'y pense plus. 'Gravity' est une œuvre qui me fait ressentir quelque chose de si fort que je ne peux plus me souvenir de la dernière fois où j'ai vécu quelque chose de similaire. Une œuvre qui prend aux tripes pour ne jamais plus te lâcher, même une fois sorti de la salle de cinéma. Cette angoisse quasi constante que l'on vit aux côtés de Ryan Stone (magnifique Sandra Bullock), et atteignant son paroxysme dans un dernier quart d'heure absolument parfait, relève du jamais vu à tel point qu'elle nous accompagne une fois le film terminé. C'est bien simple : à la sortie, je ne sentais plus mes jambes. Vraiment. J'avais du mal à enchaîner deux pas. Et ça, c'est la première fois que ça m'arrive.

Cuarón transcende toutes mes attentes comme il transcende le simple aspect technique de son film (déjà une prouesse en soi). Comme il transcende le concept de survival. Comme il transcende l'hyperréalisme voulu pour le film. Avec 'Gravity', il livre une œuvre qui touche au cœur tout autant qu'elle nous fait réfléchir. D'une logique et d'une cohérence rare, allant du plan en position fœtale jusqu'à ce final Darwinien (et bouleversant) sous forme de renaissance, 'Gravity' a tout sauf un scénario simpliste comme peuvent le penser certains. Il s'agit d'une réflexion humaniste qui ne passe qu'à travers l'image, le symbole, le tout sans discours asséné à coup de marteau. Du cinéma de l'évocation pur, demandant un minimum d'attention de la part du spectateur pour ainsi en découvrir toutes ses richesses. Mais même ça, Cuarón le transcende. Car jamais 'Gravity' n'est une œuvre opaque réservée uniquement à une niche de cinéphiles. Le film est doté d'une âme, celle que livre Sandra Bullock à travers son personnage.
À ce titre, le recours au cinéma virtuel permet une liberté de mouvement de caméra hors du commun. Celle-ci est constamment en mouvement et ne se pose que lorsque Ryan Stone l'est également. Nous sommes au plus près des corps, et vivons cette aventure à travers ses yeux à elle, sa respiration, et même son rythme cardiaque. Quoi de plus normal pour un film en quasi temps réel ayant recours à un nombre d'ellipses se comptant sur les doigts d'une main !

'Gravity' est une œuvre qui prend aux tripes comme jamais. Une date dans l'histoire du cinéma. Non, ce n'est pas un chef d'œuvre. Ça va bien au-delà.

27 octobre 2013

I'LL BE BACK... Well... I am. So...

Hey, devinez qui est de retour ? Toujours aussi mal luné, toujours aussi cynique, désabusé, bêtement méchant et méchamment bête, Grumpy Seb fait son grand retour ! Et pour ça, vous avez droit à un nouveau blog (celui-ci reste pour le cinéma, bien entendu).

Bref, de nouveaux billets d'humeur, je sais que ça vous fait plaisir. Et c'est par ICI que ça ce passe ! Même que je dis des trucs comme ça :

"Le peu d'estime que tu peux avoir pour quelqu'un s'estompe pour se transformer en une sorte d'effarement constant où le facepalm devient si fréquent que tu finis par confondre le revers de ta main avec ton front."

Donc on se retrouve très vite, hein ? HEIN ? TU VAS CLIQUER OUI OU MERDE ?
Des bisous.

 

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23 octobre 2013

Edition Director's Cut Ultimate Complete Set Box

Hey petit enfant, tu es en train de te promener sur le blog et découvres avec tristesse que certaines émissions ne sont plus en ligne ?
Allons allons, ne pleure pas petit. Tonton Seb a réparé l'erreur.
Regarde par toi-même si tu ne me crois pas.


Saison 2:

S02E10 - "Nid de guêpes" / "Vertige" => ICI

S02E20 - "Lucky Luke" / "Cinéman" => ICI

S02E29 - "Kick-Ass" / "Team America" / "Apocalypto" => ICI


Saison 3:

S03E02 - "Superman IV" / "The A-Team" / "She's out of my league" => ICI

S03E05 - "Prince of Persia" / "Terrain Miné" / "Cop Out" => ICI

S03E09 - "RoboCop" / "Death Sentence" / "Centurion" => ICI

S03E10 - "I Love You, Man" / "Adventureland" / "Remember Me" => ICI

S03E15 - "Dragons" / "A Nightmare on Elm Street" / "Tamara" => ICI

S03E17 - "Inception" / "Skyline" => ICI

S03E22 - "Twilight: Eclipse" / "Adèle Blanc-Sec" / "Le Dernier Maître de l'Air" => ICI

S03E24 - "Starship Troopers" / "L'apprenti Sorcier" / "Machete" => ICI

S03E26 - "Black Swan" / "Megamind" / "Les petits mouchoirs" => ICI

S03E28 - "The Social Network" / "Season of the Witch" /

             "Le jour de la bête" / "Rare Exports" => ICI

S03E29 - "Harry Potter et les reliques de la mort - Part 1" /

             "The Children" / "Dellamorte Dellamore" => ICI

S03E30 - "Hellboy II" / "Rango" / "Story of Anvil" => ICI

S03E31 - "The Green Hornet" / "Mega Mindy" /

             "Mortal Kombat" / "Mission Alcatraz" => ICI

S03E32 - "Pirates des Caraïbes 4" / "Star Trek" /

             "Le bon, la brute et le cinglé" / "I Saw The Devil" => ICI

S03E33 - "X-Men: First Class" / "Heathers" /

             "Le chaperon rouge" / "Drive Angry" => ICI

S03E34 - "True Grit" / Trilogie "Retour vers le futur" => ICI

S03E35 - "40 ans toujours puceau" / "Lost" => ICI

THE END

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09 octobre 2013

THE CONJURING de James Wan

The-Conjuring-2013-Movie-Poster11Entre une critique enthousiaste et un public plus que réceptif, il ne fait aucun doute que "The Conjuring" est l'un des succès de l'année, du coup le monde s'astique le manche devant le génie absolu de James Wan, couronné aussitôt "nouveau maître de l'horreur".
D'accord, mais si l'on reprend sa filmographie, ce titre n'est pas mérité puisque finalement, son seul chef d'œuvre absolu supposé, c'est ce film-ci. Dois-je vous rappeler qu'entre une dizaine de merdes, Bruce Willis est parvenu à faire "Looper" ? Que Uwe Boll a fait un film qui n'a pas été démonté par la critique (alors que ça restait franchement naze) ? Ce genre de choses peut arriver à tout le monde, du plus mauvais au meilleur, n'en faisons donc pas une généralité, voulez-vous ?

Alors qu'elle est la raison de cet enthousiasme général ? Le galvaudé "basé sur une histoire vraie" qu'Hollywood ne cesse de nous balancer à tout bout de champ au point même que Jason Statham y a eu droit lui aussi ?
La réponse, les enfants, je ne l'ai pas en ma possession. Par contre, il y a trois points sur lesquels je peux revenir :

- James Wan, nouveau maître de l'horreur ? Ah ah ! Elle est bien bonne celle-là.
- 'The Conjuring', film le plus terrifiant de ces 10 dernières années ? Ah ah ! Elle est bien bonne celle-là.
- 'The Conjuring', meilleur film d'horreur depuis "L'exorciste' ? Ah ah ! Elle est bien bonne celle-là.

Mon dieu, mais que vous êtes une belle bande de flipettes !

Loin de moi l'idée de dire que 'The Conjuring' est un mauvais film. Ce n'est pas le cas. On ne peut d'ailleurs pas nier l'efficacité de sa dernière demi-heure, même si celle-ci, sur sa fin, tutoie le grotesque déjà subi dans 'Insidious'. Mais avant cela, on doit se farcir 45 minutes d'expositions longues et pénibles où le quotidien chiant d'une famille chiante te berce d'ennui pour tenter de te faire sursauter à deux ou trois reprises. Mais pas plus. Juste des mains qui apparaissent et rien d'autre. Ah sinon, y a une petite fille qui fait "BOUH !" à sa mère. Et des portes qui grincent. C'est flippant ça, hein ?

Là est toujours le problème d'un film survendu. Si c'est si flippant que ça, pourquoi n'ai-je jamais été surpris ? Pourquoi chaque jump scare était si attendu ? Où est passée l'ambiance malsaine créant ainsi le malaise ? Où est le génie là-dedans ? En fait, on passe plus de temps à attendre que quelque chose se passe qu'à véritablement assister à une action intéressante, sinon les dernières minutes du film et ses corps en lévitation qui vont se cogner contre les murs. Oui, mais on a déjà vu plus imaginatif.

En fait, 'The Conjuring' ne propose rien de neuf. Tout a déjà été vu ailleurs. Est-ce un mal ? Pas forcément, mais vu la manière dont le film a été vendu, on est en droit d'espérer un minimum d'innovation ou bien attendre de Wan qu'il transcende ces codes balisés. Malheureusement, il n'en fait rien. Mais là où le film fonctionne, c'est sur les rapports humains. Toute la partie où les Warren côtoient les Perron (soit entre les 45 premières minutes et une bonne moitié de la dernière demi-heure) est finalement ce qu'il y a de mieux dans le film. Et si en fait il était là le talent de James Wan ? Et s'il s'attardait sur des drames plutôt qu'essayer de jouer au p'tit malin qu'il n'est visiblement pas ? C'est ce qui faisait, entre autres, la réussite de 'Death Sentence'. Alors pourquoi continuer à nous resservir la même soupe (Insidious, Insidious 2, Conjuring : même combat) en se basant sur des faits supposément véridiques qui, pourtant, n'ont rien de crédible ?

James Wan arrête le cinéma d'horreur, et c'est tant mieux. Son meilleur film étant 'Death Sentence', on ne peut qu'espérer qu'il commence enfin à être intéressant, et ce même s'il démarre ça par un 'Fast & Furious'.
Le génie qu'ils disent…

THIS IS THE END / THE HANGOVER 3

theend'THIS IS THE END' de Seth Rogen & Evan Goldberg

Ça paraît assez incroyable, mais il est possible d'aimer un film qui contient les Backstreet Boys, le Gangnam Style et Céline Dion dans sa BO. Ce film, c'est 'This is the End' de Seth Rogen et Evan Goldberg.

Démarrons tout de suite par son plus gros problème: débarquer plus ou moins en même temps que 'The World's End' d'Edgar Wright. Dans le genre comédie sur fond de fin du monde, elles ne peuvent pas être plus éloignées l'une de l'autre évitant de facto toute comparaison, mais affronter la dernière pépite du tandem Wright/Pegg est toujours un poil casse-gueule, surtout lorsque celle-ci se permet de tenir un propos en plus d'être drôle. Malgré ça, Rogen/Goldberg s'en sortent à merveille pour leur première réalisation.

L'idée : une fête chez James Franco ruinée par la fin du monde, et un groupe de survivants tentant tant bien que mal de gérer la situation un tantinet compliquée par des démons… à grosses bites. D'ailleurs, si vous voulez voir un zob détruire un building, 'This is the End' est LE film que vous devez voir.

Le casting jouant son propre rôle, ça référence pas mal les filmographies respectives, plus pour se foutre de la gueule du monde que s'auto-congratuler bien entendu. D'ailleurs, les (trop rares) caméos sont assez géniaux. Si l'on voit beaucoup de têtes connues au début (Michael Cera sous coke et en grande forme, et surtout le plaisir de voir Rihanna mourir), c'est totalement différent une fois le cataclysme enclenché. Reste Emma Watson ("Hermione just stole all of our shit") et surtout, le plus savoureux du film : Channing Tatum.

À l'instar du film de Wright, 'This is the End' tente la carte de l'intime et de l'émotion via l'amitié entre Rogen et Jay Baruchel mise à mal par le nouveau groupe d'amis de ce premier. Ça fait partie des choses qui ne peuvent fonctionner que si vous êtes familier avec l'histoire/filmographie du casting, mais cela n'enlève malheureusement rien au fait que le sujet est trop survolé pour vraiment fonctionner. On reverra plutôt 'Superbad' (des mêmes auteurs) pour atteindre ce but.
Reste un creux d'une petite demi-heure à mi-parcours (le huis clos est un exercice difficile), et un final pas franchement génial, mais rien qui ne gâche le plaisir.
C'est souvent stupide, ça ne pète jamais plus haut que son cul, et c'est surtout drôle. Et puisqu'on est venu pour ça…

"I call him Channing Taint-YUM !"


hango'THE HANGOVER - Part III' de Todd Phillips

'The Hangover' (ou 'Very Bad Trip' pour l'idiot du fond), c'est :
- Un premier film pas génial, mais qui reste sympathique et divertissant dont le principal défaut est d'avoir été totalement survendu.
- Un second film qui est une copie conforme du premier, perdant de facto la sympathie qu'on aurait pu lui accorder, MAIS son gros avantage est d'avoir toujours été honnête sur ce point, et ce même avant le début du tournage (on peut pas crier à l'arnaque quoi).
- Un troisième volet qui décide de prendre des libertés avec le concept, à l'exception près de Justin Bartha qui est là dix minutes puis disparaît jusqu'à la fin. La promesse de ne pas refaire la même chose en somme. Et la promesse est tenue : cette fois, c'est drôle !


Oui, je suis le premier étonné d'avoir aimé ce 'Hangover Part III'. C'est toujours loin d'être génial, mais c'est clairement le meilleur des trois. Sur les deux autres, au mieux, je souriais, sur celui-ci, ce sont de vrais rires bien francs – parfois même gras – qui s'échappent. Et ça, ça fait plaisir ! La raison est très simple : Zach Galifianakis est la vedette de l'épisode, et en plus de se donner à fond, on réalise très vite que son personnage, Allan, est tout bonnement encore plus stupide et arrogant que jamais. En résulte une flopée de dialogues/situations assez drôles (le coup de la girafe en ouverture, tout simplement grandiose et donne le ton).

Certes, le film ne vole jamais très haut, mais il parvient enfin à faire ce que les deux autres épisodes n'ont pu réussir : me surprendre. Il est juste extrêmement dommage que le bad guy interprété par John Goodman soit sous-exploité, laissant une plus grande place à Chow, alias Ken Jeong en totale roue libre. D'ailleurs, il est assez clair que si son duo avec Allan vous paraît insupportable, l'appréciation du film va être très compliquée…

Bref, une comédie tellement stupide qu'elle en devient forcément amusante. Pas aussi bien que 'Road Trip' ou 'Old School', mais bien supérieur à ce que Todd Phillips a pu faire ces dernières années. On oubliera volontiers la tentative d'émotion à la fin qui est un poil foireuse (une manière de dire que c'est vraiment fini) et on regrettera surtout la scène durant le générique de fin qui n'est vraiment pas nécessaire et s'avère être à la limite de la parodie.

"So long, bitches !"

11 août 2013

ONLY GOD FORGIVES de Nicolas Winding Refn

OnlyGodForgivesAh, c'est donc ça "Only God Forgives" ? Ou quand Nicolas Winding Refn complète sa transformation en poseur de mes couilles pour festivals. Le genre de film qui ne choquera que ma grand-mère et autres festivaliers Cannois n'ayant jamais posé les yeux sur un film de genre.
Très bien.
C'est cool pour lui. Pénible pour nous.

Sinon, Refn fait de beaux plans et la lumière est belle, c'est vrai. Du coup, le mec se regarde filmer. Mais filmer quoi ? Bah ça, il le sait pas car il ne regarde pas ce qu'il filme, il se matte le nombril. Il ne serait d'ailleurs pas étonnant qu'un secret de tournage concerne le fait qu'il rentrait chez lui après une pénible journée de travail pour se masturber sur une photo de… lui-même !
Bref, en résulte que le mec ne sait pas ce qu'il filme, et c'est à nous, spectateurs, de le découvrir. Surprise ! J'aime ça. J'ai hâte. Mais j'ai peur du vide, et c'est tout ce qu'il m'offre. Car ouais, trop occupé à s'auto-pomper la teub, le mec à décidé que le propos de son film serait inexistant – enfin, pour le commun des mortels, le festivalier Cannois, lui, il y voit du sens. Au même titre que la violence du film le frappe de plein fouet et le fait réfléchir sur l'absurdité de la vie. En clair, il réfléchit 10 minutes sur 90. Dans le genre violent, c'est clair, Refn vient de poser une pierre angulaire dans l'histoire du cinéma. Pouah ! Jamais vu un truc de dingue comme ça… Ah, pardon. On me dit que j'ai vu plus violent (et plus intelligent !) à l'âge de 8 ans. OK, très bien. Toutes mes confuses.

Et pendant ce temps, Ryan Gosling (tu sais, le beau gosse à la voix de canard ?) s'est dit que ça lui avait réussi dans "Drive", du coup, il refait exactement la même contre-performance et tente d'irradier l'écran de son charisme. Sauf que ce qui marchait dans "Drive" ne fonctionne jamais ici, y compris son inexpressivité. Alors, il lance quelques regards vides à la caméra, et ainsi le désir naît dans son œil :
— "Hey, Nick ? Cesse donc de te tripoter le chibre. Ce soir, j'te suce ma salope. Et j'te préviens : j'avale."

Bref, c'est vraiment con comme film (mais y aura toujours un boulet pour te dire que non, c'est du cinéma d'auteur, alors que voulez-vous…) et c'est d'un chiant, du coup son titre devient tout à fait logique : il n'y a que Dieu pour pardonner l'existence d'un tel étron filmique. Le spectateur, lui, il aura perdu tous les espoirs posés sur Refn. Espérons qu'une nouvelle purge du type "The Notebook" tombe entre les mains de Ryan Gosling, histoire qu'il arrête de se prendre pour un acteur badass. Le mieux, quand ton public est composé de connasses de 12 ans et demi qui mouillent devant "Twilight", c'est de persister dans le genre "romcom" de merde, et SURTOUT pas tenter l'aventure ailleurs.
Merci d'en prendre bonne note, Ryan. Je t'embrasse pas, j'ai pas envie d'être malade.

Heureusement qu'il y a un Thaïlandais qui fait du karaoké toutes les 15 minutes dans le film, et que dès qu'on voit une Thaïlandaise, il s'avère que c'est une pute, sans quoi, j'aurais presque pu croire que le film était sérieux.
Bonne blague Nicolas. Mais j'te préfère quand tu fais du cinéma.

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10 août 2013

THE LONE RANGER de Gore Verbinski

the-lone-ranger-posterThe Lone Tonto

Fils un peu bâtard de "Pirates des Caraïbes" (le premier, soit avant la catastrophe, même si toujours loin d'être une glorieuse référence) et "Rango", "The Lone Ranger" est typiquement le genre de film qui m'emmerde à critiquer, car celui-ci souffle le chaud et le froid de sa première à sa dernière minute (et elles sont nombreuses, le film faisant près de 2h30).
S'il n'est pas la catastrophe que je redoutais, il n'est malheureusement pas non plus le bon film que j'espérais.

Soyons bien clair, histoire que mon exemple cité au début ne laisse pas de doute : "The Lone Ranger" est bien au-dessus de la trilogie "Pirates des Caraïbes" (le 4ème ne compte pas puisqu'il n'est pas réalisé par Gore Verbinski), mais en garde tout ce qu'il y avait de plus insupportable à savoir son humour profondément débile et limite beauf. Impossible de sourire devant des gags à deux balles ou, pire encore, un Johnny Depp à nouveau en totale roue libre. Insupportable la majorité du temps, il serait grand temps que quelqu'un lui réapprenne à jouer, car il est déjà en train de s'auto-caricaturer.
Mais si Verbinski a gardé ça de sa trilogie, il a aussi pensé à conserver le côté grand spectacle. En cela, sa virtuosité aide à soulever le film dans les moments d'action, malheureusement gâché par l'humour omniprésent.
De "Rango", il a gardé un sens du cadre tutoyant le génie en livrant une multitude de plans d'une ahurissante beauté, et fait de son "Lone Ranger" un véritable western. La galerie de personnages, bien que jamais creusés, est sale comme il faut, et le film va même jusqu'à être parfois particulièrement violent (surtout pour une prod Disney). De plus, les hommages aux westerns se font discrets, de manière à ne pas trop appuyer le clin d'œil à un spectateur complice.

Pour ces raisons, impossible de détester "The Lone Ranger", celui-ci comportant de vraies qualités. Mais il y a deux problèmes majeurs dans le film. Premièrement, pourquoi faire une adaptation de la série si c'est pour en faire "Tonto, le film", et faire de John Reid (alias le Lone Ranger) un idiot complet ? S'il est certain qu'il ne méritait pas de se prendre un tel bide au Box Office, toutes les comparaisons avec "John Carter" sont toutefois un peu poussées, le film d'Andrew Stanton étant à cent lieues de celui de Verbinski, puisque celui-ci respectait le matériau d'origine.
Le deuxième plus gros problème du film, alors qu'il est déjà trop long d'une bonne demi-heure, tient dans son rythme : il n'en a aucun, en dehors de ses séquences d'action. La multitude de qualités que l'on peut trouver au film n'aide en rien, car la sauce ne prend jamais. Déjà que le film met des plombes à démarrer, les allées et venues entre flash-back et flash-forward viennent encore plus phagocyter un rythme bancal plombant d'autant plus le film.

Bref, Johnny Depp est la vedette et Armie Hammer le side-kick débile. Un autre fait établi, c'est que Gore Verbinski devrait arrêter de se fourvoyer dans des productions Jerry Bruckheimer. Scénaristiquement problématique avec ses persos inintéressants et jamais développés (à l'exception de Tonto… soit le plus insupportable, merci Johnny !), je ne peux toutefois pas dire avoir détesté "The Lone Ranger" (car c'est faux), mais je ne peux pas non plus dire l'avoir aimé. Comme je le disais plus haut, c'est typiquement le genre de film qui est emmerdant à critiquer…

(Cette conclusion un poil expédiée vous a été offerte par Les Conclusions Expéditives*.)
*Tous droits réservés.

20 juillet 2013

PACIFIC RIM de Guillermo Del Toro

PacRim-Blog"Two thousand five hundred tons of awesome."

Cinq ans après le formidable 'Hellboy II', et deux projets successivement tombés à l'eau ('Le Hobbit', 'Les montagnes hallucinées' – l'adaptation de Lovecraft ayant été stoppée net car Universal refusait de lâcher un si gros budget sur un film classé R) Guillermo Del Toro nous revient enfin, plus en forme que jamais. Si l'on aurait pu craindre que perdre le rêve de sa vie alors qu'il était si près du but de le voir concrétiser aurait pu le démoraliser, 'PACIFIC RIM' (oui, exactement : en lettres capitales. Et si c'était pas moche, je mettrais en gras, italique et souligné aussi !) lui tombe entre les mains. Le projet idéal pour cet amoureux des figures monstrueuses. Voyez plutôt : des robots géants (Jaeger) contre des monstres géants (Kaiju). Un prétexte en or pour le mexicain, et ainsi se lâcher et faire exploser toute sa folie (alias génie) sur grand écran. Pour sa première superproduction, Guillermo Del Toro décide ni plus ni moins que de faire plaisir à tous ceux qui, comme lui, ont gardé leur âme d'enfant. 'Pacific Rim', c'est le film qu'on aurait tous rêvé de voir lorsqu'on nous avions de 8 à 12 ans. Le genre d'œuvre qui peut façonner notre imaginaire, et nous ouvrir sur de nouvelles cultures.

De plus, cette "absence prolongée" des plateaux (par rapport au contexte évidemment, on a vu des réalisateurs être plus lents entre deux films) semble avoir servi de coup de pied pour Del Toro, comme si le fait de tenir une caméra l'avait démangé tout ce temps. En résulte un spectacle généreux comme on en voit que trop rarement, où chaque séquence de destruction massive est pensée pour en offrir le meilleur. C'est bien simple : chaque seconde de 'Pacific Rim' hurle l'amour qu'a son réalisateur pour ses monstres et robots (personnages à part entière du film), et nous livre LE blockbuster de l'été, le plus jouissif qu'on ait vu depuis des lustres. Del Toro voulait faire plaisir en se faisant plaisir. Au final, il t'éjacule à la gueule pendant deux heures. (Oui, ce que j'écris est sale, mais le pire, c'est que j'aime ça !)
En fait, la générosité de l'œuvre n'a d'égale que l'ambition visuelle du film, magnifiée par la photo de Guillermo Navarro, fidèle comparse de Del Toro.

D'aucuns s'attaqueront au film en lui reprochant un scénario minimaliste, voir inexistant alors qu'en réalité, celui-ci pourrait s'apparenter à 'Man of Steel' : on part sur un postulat brillant pour ne livrer "rien de plus" que de la destruction. Si certains y voient un manque d'ambition, il n'en est rien. Déjà parce que Del Toro et Travis Beacham (auteur du scénario d'origine, retouché par GdT) posent un univers réfléchi et cohérent (combien peuvent s'en targuer aujourd'hui ?), et surtout parce que cela a toujours été le désir du réalisateur : faire un spectacle total et définitif. Le genre à te foutre la banane (l'intro de 'Star Trek Into Darkness', mais sur 2h), et te donner envie d'y retourner immédiatement le film terminé. Del Toro réussit parfaitement son pari.

Ce qui fait la grande différence entre 'Pacific Rim' et n'importe quel autre blockbuster vient de la sincérité et de l'amour qu'insuffle Guillermo Del Toro dans son récit. C'est de là que découle toute l'émotion. Ces plans (quasi tous iconiques) sur les Jaeger ou les Kaiju sont plus forts que tout ce qui touche à l'humain. Encore une fois, certains pourraient le lui reprocher, mais ce serait trop vite fermer les yeux sur l'importance de ceux-ci dans l'histoire (le flash-back de Mako, filmé à hauteur d'homme, en est une preuve flagrante me semble-t-il).
C'est ça qui fait de 'Pacific Rim' une grande œuvre de cinéma. Del Toro croit en l'histoire qu'il raconte, et aujourd'hui, c'est ce qui manque cruellement à Hollywood, où tout n'est que cynisme et moquerie, transparaissant par l'humour, tout ce second degré faisant que le projet n'est jamais pris au sérieux. Ici, l'humour n'est jamais forcé, il est toujours naturel (qui a déjà vu un film de Del Toro s'en rendra compte), et le choix de casting, au départ surprenant, de Charlie Day en est la preuve. Son duo avec Ron Perlman – ou son acolyte scientifique – peut agacer ceux qui ne le connaissent pas, mais l'acteur, qui a droit à un vrai rôle consistant (chose à laquelle je ne m'attendais pas une seconde, je dois l'avouer), se donne au maximum sans jamais trahir la passion originelle pour le concept du film. En fait, c'est un gamin au milieu du chaos. L'incarnation de Guillermo Del Toro à même le film. Difficile à partir de là de parler de film de commande (chose que 'Pacific Rim' n'est pas !), et de nier sa cohérence dans la filmographie du réalisateur. Car comme 'Blade 2' ou les 'Hellboy' avant lui, 'Pacific Rim' tutoie 'Le labyrinthe de Pan' via une déclaration d'amour à l'imaginaire comme on en voit que trop peu.

En résumé, 'Pacific Rim' est LE film à voir cet été. Tout y est bien, et même le reste. Alors n'hésitez pas un seul instant et courez-y, ainsi, vous aussi, vous rêverez de devenir pilote de Jaeger.
Et un conseil pour la route : regardez le générique de fin.



Pour les amoureux de Rinko, un petit bonus signé Ron Perlman lui-même :
(Cliquez pour aggrandir.)

Perlman-Rinko

 

Fin »