L'instant ciné

11 août 2014

GUARDIANS OF THE GALAXY de James Gunn

GuardiansoftheGalaxyDepuis "Iron Man" en 2008, il est difficile de ne pas avoir compris le fonctionnement de Marvel Studios et, de ce fait, de Kevin Feige. Du coup, dans le public, il y a trois catégories :
- La première est composée d'une horde de fanboys limite hardcore qui se refusent à la moindre critique, et considèrent les films du MCU (Marvel Cinematic Universe) comme étant le summum du genre super-héroïque.
- La deuxième est celle du hater de base. Si le nom de Feige apparaît au générique, c'est forcément de la merde. Il tortillera du cul à l'annonce d'un réalisateur qui lui plait (Shane Black, ou la débâcle Edgar Wright), mais reviendra vite dans le droit chemin à la vue du produit final, quitte à user de mauvaise foi.
- La troisième consiste à rester le plus ouvert possible. Marvel Studios est capable du meilleur (enfin, on se comprend) comme du pire. Mais pour cela, il faut rester cohérent avec ce que propose le studio depuis 6 ans maintenant, et à travers 10 films ! Non, Marvel Studios ne livrera jamais une œuvre comme "The Dark Knight" de Christopher Nolan, pour la simple et bonne (?) raison que ce n'est pas ce qui les motive.

Marvel Studios fait du divertissement, du film pop corn. En l'acceptant, on peut ainsi se retrouver face à de petits miracles tels "Captain America: The Winter Soldier". S'il n'invente rien, tant dans la forme que dans le fond, il se pose comme le film le plus intelligent du studio, osant sortir des sentiers battus. Thriller sur fond de complot comme on les aimait dans les années 70, il parvient à faire coexister les deux genres. L'œuvre n'est pas parfaite, mais elle est maîtrisée.

En fait, si je n'ai qu'un conseil à donner aux détracteurs de Marvel, c'est qu'il est grand temps d'arrêter de regarder les films du MCU. Nous en sommes au 10ème, et "Avengers: Age of Ultron" sera le 11ème (Duh !). Car ici, la chose à bien comprendre, c'est que Marvel a besoin de réalisateurs malléables pour traduire sa vision, et en aucun cas celle du réalisateur (qui peut toutefois marquer l'œuvre de sa patte, c'est le cas de "Iron Man 3", film bâtard entre du pur Shane Black et du pur Kevin Feige). D'où la débâcle Edgar Wright ! Dans cette logique, celle-ci fait sens. D'ailleurs, les spots publicitaires qui passent à la télé avant la sortie des films ne font que prouver ce fait : elles annoncent le film, suivi de "de Marvel". Jamais le nom du réalisateur. Marvel est une marque, et cette marque compte plus que le reste (sur l'affiche, lisez donc l'accroche sous le titre…). Alors peut-être devriez-vous tout simplement penser à ne plus payer de ticket. Car il y a bien une chose qui est sûre : ce n'est pas avec "Les Gardiens de la Galaxie" que les choses vont changer !

Il n'y a pas de mensonges dans la bande-annonce du film. Ce que tu y vois est ce que tu auras. James Gunn livre un space opera fun et décomplexé qui ne cherche jamais à paraître plus intelligent qu'il ne l'est. C'est là qu'il est fort le con : il crée un film parfaitement rythmé où les séquences s'enchaînent sans temps mort, les péripéties avec, et construit son équipe de manière cohérente, ce que Joss Whedon n’a pas réussi à faire avec son "Avengers". En fait, cela fait penser au "Star Trek" de JJ Abrams qui, lui aussi, était parvenu à monter l'équipe de l'Enterprise avec un naturel et une simplicité qui forcent le respect. Mais surtout, les deux réalisateurs font vivre leur équipe en symbiose. On croit en eux.

Il y a un vrai parallèle à faire avec le "Star Trek" d'Abrams : les deux films ne sont pas des chefs-d'œuvre de mise en scène, et ne prétendent jamais l'être. Ils se veulent être des films de divertissement, purement et simplement (ce qui n'est pas honteux en soi), et n'ont d'autre prétention. Des films qui n'ont pas besoin d'être intelligents (c'est le mot d'ordre aujourd'hui lorsqu'on évoque un blockbuster) pour plaire, mais qui sont pensés par des gens qui le sont suffisamment pour considérer que le spectateur l'est tout autant qu'eux. Ainsi, jamais nous ne sommes pris pour des cons (coucou "Iron Man 2"). C'est une chose importante, et même primordiale. Et ici, comme chez Abrams, cette leçon a été retenue.

Alors c'est sûr, tout n'est pas toujours du meilleur goût, que ce soit dans l'humour (qui peut parfois tomber à plat, quand il n'est pas tout simplement à côté de la plaque), et la production design qui suit ce pas, allant du formidable au regrettable. Il en va de même pour les personnages en CGI. Si Rocket et Groot sont superbes (ce qui est logique vu leur importance dans le récit), les autres apparaissent très vite moins perfectionnés, Thanos et sa courte apparition en tête (en somme, comme sa première apparition à la fin de "The Avengers", mais on imagine sans mal qu'ils vont prendre plus de temps pour s'occuper de lui par la suite, étant le méchant de "Avengers 3").

On regrettera également un background trop peu fouillé pour les personnages (seul Star Lord – formidable Chris Pratt ("Parks and Recreation") dont le choix pouvait étonner, mais fait sens lorsque l'on voit le film – est développé et connaît une véritablement évolution), et un méchant, Ronan, assez raté.
On regrettera enfin le manque de confiance de James Gunn envers ses personnages, son récit, et peut-être aussi lui-même. Le réalisateur se sent obligé de faire répéter à ses Gardiens qu'ils sont amis, comme pour bien appuyer le trait, alors que nous n'avions pas besoin de cela. Cette amitié passe à l'écran, par l'alchimie des acteurs (oui, même entre un acteur et un personnage en CGI !), et le plaisir qu'ils prennent à incarner ces personnages.

Mais malgré toutes ces petites choses, ça marche. La sauce prend, et le film de Gunn s'avère jouissif au possible. On s'attache aux personnages, et on en redemande ! Et le plus amusant dans tout ça, c'est probablement le nom qu'attribuent les détracteurs du film au groupe. Ils deviennent "Les débiles de la Galaxie". Le problème est que cette attaque ne peut pas en être une puisque, en effet, c'est bel et bien de ça dont il s'agit. Une bande de crétins qui sauve le monde, et l'univers. C'est ce qu'on est venu voir, et c'est ce qu'on a eu.

P.-S. Comme à son habitude, Marvel Studios livre une scène post-générique (communément appelée "stinger"). Cette fois-ci, même si elle ne déroge pas à la règle (c'est totalement inintéressant, n'allez pas croire le contraire), elle s'avère être utile. Car ce stinger nous rappelle qu'il faut sérieusement que les gens envisagent de réviser leurs classiques. En effet, j'étais le seul dans la salle à avoir la référence. J'ai eu mal à ma culture cinématographique. Il faut réhabiliter ce personnage (et le film qui lui a été consacré) au plus vite !

09 août 2014

THE EXPENDABLES 3 de Patrick Hughes

expendables_three_ver18_xlgConnaissez-vous l'histoire de Sylvester Stallone qui, starifiée, commence à faire n'importe quoi, et enchaîne les bouses irregardables et indéfendables, même aux yeux de ses fans les plus psychotiques (oui, je parle – entre autres – de toi "Arrête ou ma mère va tirer !") ? Et bien cette histoire se répète. Ça s'appelle "Bullet to the Head", "Grudge Match" ou encore "Escape Plan". Et c'est très mauvais. Ceux-ci arrivent après un retour en grâce totalement inattendu de la part de Stallone. Et pourtant, il l'a fait. Envers et contre tous. Mais visiblement, le succès lui monte vite à la tête.
Après les retours en grâce de Rocky Balboa et John Rambo, c'est à un certain cinéma d'action que veut revenir Stallone. Grand bien lui fasse : même s'il est bancal, le premier "Expendables" avait le mérite d'aller au bout de son idée, et à Stallone de prouver qu'il était toujours au-dessus de toute la nouvelle génération d'action star. Puis arrive le premier signe de faiblesse : Stallone délègue !
S'il n'a jamais été un excellent réalisateur, Stallone a au moins le mérite d'être plus doué que Simon West ("Con Air", c'était en 1997. Depuis ? Bah voilà…), mais malgré le fait que "Expendables 2" souffre de ce gros problème de réalisation (on ne va pas se mentir, c'était quand même très moche), le film était mieux construit que son prédécesseur, et même plus fun ! Du coup, à l'annonce de l'arrivée de Patrick Hughes (l'excellent "Red Hill") à la réalisation de ce troisième opus, on pouvait espérer combiner les deux : un film jouissif et bien réalisé.
Alors qu'en est-il ? Et bien "Expendables 3" est définitivement le film le mieux shooté de la franchise. Mieux : c'est le film où apparaît Stallone le mieux shooté depuis son retour en grâce en 2006. Par contre, niveau fun et jouissance, on repassera !

Non, le concept "Expendables" n'est pas déjà à bout de souffle. C'est juste que ce troisième opus est tout sauf ce qu'est supposé être un "Expendables". À la base, il s'agit de réunir un casting poids lourd pour un baroud d'honneur, avec une jeune génération qui avait déjà fait ses preuves (donc pas des jeunes comme présentés dans cet opus). Un passage de relais en quelque sorte. L'autre point essentiel étant de faire un film d'action qui ne se prendrait jamais au sérieux, et où la violence et le sang n'auraient d'égal que le tour de bras de son casting. Pas spécialement compliqué à faire en somme.
Sauf que Stallone veut ratisser large. Très large. Il veut séduire un public qui n'est pas le sien. Un public friand de quelque chose qui ne ressemble pas à "Expendables". En clair, il tente une absurdité. Et pour ce faire, il livre un film PG-13 en lieu et place du R voulu. (Pour l'histoire, Chuck Norris voulait cette classification pour le 2ème opus, Stallone l'a refusé…) Pour expliquer ce choix, Stallone invoque l'excellence des films d'action qui se font aujourd'hui sous cette classification. Le bougre va jusqu'à citer… "Skyfall" ! En gros, c'est comme s'il comparait "Cobra" de George Cosmatos à "Heat" de Michal Mann. Une autre absurdité.
D'ordinaire, je ne demande pas des geysers de sang dans un film. Mais là, on parle d'un "Expendables". C'est le propre du projet ! S'il n'y a pas de tripes à l'écran pour accompagner l'improbabilité de la scène (et pour celui-ci, on parle d'un immeuble truffé de C4 qui se fait canarder de partout sans que jamais rien n'explose !), c'est peine perdue. Et du sang, vous n'en verrez jamais ! Il n'y en a pas une goutte dans ce "Expendables 3". Alors oui, Stallone promet une version R sinon Unrated pour le Blu Ray. Très bien. Mais dans ce cas, à quoi bon payer son ticket de cinéma ? Stallone ratisse large. Si large qu'il en a oublié son objectif principal : son public. Le vrai. Celui qui était là quand il était au fond du trou, celui qui voulait croire en lui malgré les déceptions accumulées.

Pour le reste, il n'y a pas grand-chose à dire. Pour tout dire, malgré ses 2h06 au compteur (putain quoi, Sly, t'as cru que t'avais une histoire à raconter ?), je ne peux pas dire que le film est particulièrement ennuyeux. Juste qu'il se déroule sous nos yeux sans qu'on ne s'y intéresse vraiment, et le pire, c'est qu'il le fait en se prenant très au sérieux. La première demi-heure crée l'illusion grâce au talent de Hughes, mais l'action est déjà garantie sans violence graphique, et surtout vite expédiée. Après ça, en dehors de deux ou trois blagues, c'est une histoire très premier degré qui nous est racontée. Et comme il n'y a pas de gerbe de sang ou autres explosions de corps pour nous faire rire, la chose devient très vite lourde.

Alors on pourrait se raccrocher au casting (qui se veut toujours plus grand), c'est vrai. Sauf que le film n'essaie même pas de le gérer, ni lui, ni son taux de présence à l'écran. Ici, c'est l'anarchie la plus totale. Le duo Stallone/Statham fonctionne toujours, mais seulement sur trois scènes. À côté, Terry Crews est là dans un laps de temps égal à celui de Jet Li dans le précédent volet, ce dernier ne rejoignant l'histoire que pour trois pauvres minutes à l'écran, dont deux pour subir des blagues sur sa taille – déjà éculée depuis le premier "Expendables" ! Arnold Schwarzenegger est un poil plus présent qu'auparavant, mais ses apparitions consistent à le voir fumer un cigare en tapant la causette avec Sly. Il faudra attendre la fin du film pour le voir (un peu) tâter de la gâchette – ce qui rappelle étrangement "Escape Plan" ! Quant à Harrison Ford, il est là pour remplacer au pied levé Bruce Willis, dégagé par Stallone pour avoir réclamé trop d'argent.

Mais bon, tout cela n'a que peu d'importance, puisque passée la première demi-heure, Stallone (qui se balade avec Kelsey Grammer pour ajouter un peu de classe au casting) part pendant 20 minutes (vingt putain de minutes !) faire du recrutement. Car les vieux, c'est sympa, mais ça sent la naphtaline. Du coup, on va chercher du côté de "Twilight" et autres pour faire genre. (Ratisser large, je disais.) C'est bien sympa d'inclure Ronda Rousey dans l'affaire, car elle est aussi jolie qu'elle sait donner des coups de tatane, mais niveau jeu d'acteur, c'est tout de suite une autre histoire. Ce qui est très embêtant pour un film, vous en conviendrez. Mais le pire dans les nouvelles recrues est bien entendu le vieux qui veut faire jeune, j'ai nommé Antonio Banderas ! Le moment le plus embarrassant du film via un cabotinage absolument insupportable.
Puis au milieu de tout ça flotte l'aura d'un acteur. Un vrai. Le genre qui n'a pas besoin de dialogue pour exister, car son charisme fait tout le boulot. Mel Gibson écrase tout le monde. Le problème ? Comme le reste : l'écriture ! Son personnage passe la majorité du temps à marcher, et à parler. Et c'est à peu près tout.

Bref. Il faudra 1 heure et 10 minutes au film de Patrick Hughes pour en arriver au point initial de "Expendables 2", là où il n'avait suffi que de 30 minutes à celui-ci. Ici, au lieu de tuer un membre de l'équipe, ce sont plusieurs membres qui se font kidnapper – les p'tits jeunes, évidemment ! C'était bien la peine de les ramener… –, ainsi on fait revenir les vieux, et après 1h30 (90 putain de minutes !), on peut enfin lancer ce pourquoi on est venu voir le film : de l'action !
Et si à ce point de la critique vous vous demandez pourquoi je n'évoque pas Dolph Lundgren, Randy Couture ou Wesley Snipes, c'est parce qu'ils font majoritairement de la figuration. En gros, il n'y a rien à dire puisque le film lui-même n'a rien dit sur eux. Du coup, vous savez quoi ? Pour faire cool, on va ramener Robert Davi à la surprise générale (oups, j'ai oublié le spoiler alert !), mais ça ne sert à rien, le mal est fait. Le casting s'agrandit de plus en plus, et on continue de titiller la fibre nostalgique, mais à ce niveau-là, ça ne sert malheureusement plus à rien.

Quoi qu'il en soit, nous y sommes : le fameux morceau de bravoure du film. 20 minutes à base de tanks et autre hélicoptère détruisant un immeuble avec nos Expendables à l'intérieur, suivi d'un face à face final Stallone/Gibson qui durera… moins de 2 minutes ! Comme si Stallone avait décidé d'aller au bout de sa logique de frustration. Car encore une fois, pas une goutte de sang ne sera déversée.
Alors certes, c'est plaisant à regarder, mais jamais jouissif. En fait, c'est lambda. Aussitôt vu, aussitôt oublié. Certes, les deux précédents volets ne volaient déjà pas très haut, mais au moins, ils permettaient au spectateur de ressortir de la salle le sourire aux lèvres. Ici, dès le générique de fin entamé, tout est déjà oublié.

C'est en fait la scène finale du film qui explique tout. Comme Stallone l'avait fait avec "Rocky 3", et son histoire de boxeur civilisé (allez revoir ma critique de la saga si vous avez oublié), inconsciemment, Stallone admet les choses : les jeunes recrues (évidemment sauvées !) retrouvent les anciens dans un bar, puis se lancent dans un karaoké sous le regard amusé de Stallone. Jason Statham, lui, est d'abord plus que perplexe. Puis voyant le léger sourire sur le visage de son ami, laisse apparaître le sien.
Stallone (las ?) nous présente donc l'avenir du cinéma d'action. Quelque chose d'aseptisé, pour plaire au plus grand nombre, avec de jolies belles gueules. Loin d'être ce que l'on a aimé en grandissant. Et il aurait été fort appréciable de laisser Neil Young en dehors de ça…

Stallone aurait dû le savoir : la jeune génération viendra à lui à travers l'ancienne. Nous qui avons grandi avec ses films passerons l'héritage à nos enfants, et les jeunes membres de nos familles. Nul besoin de se prostituer pour obtenir leurs faveurs, ça n'aidera pas.
Malheureusement, le mal est fait. On appelle ça un gâchis.

01 août 2014

"IMPACT" dans l'Avenir du 28 juillet 2014

interview

Salut les enfants !
Lundi, j'étais dans le journal... accompagné d'une photo que j'assumais jusqu'au moment où elle s'est retrouvée dans le journal. M'enfin.
Voici donc l'article (cliquez pour aggrandir), et en bonus, je vous offre l'interview en intégralité, parce que j'suis comme ça, moi : généreux comme pas deux !
On s'fait des bisous et on se retrouve très bientôt ?
N'oubliez pas que si vous voulez le livre, vous pouvez soit le commander en librairie, soit passer par là : http://www.edilivre.com/doc/559694


1. Comment avez-vous eu l'envie d'écrire ?
J'ai toujours adoré raconter des histoires, à différents niveaux. Enfant, je prenais des notes en jouant avec mes jouets. Je créais des sortes d'épisodes entre plusieurs sessions de jeu. Un psy y aurait sans doute décelé le psychopathe qui sommeille en moi…
L'étape suivante est due à l'ennui profond que je ressentais à l'école ; je rejouais les scènes de mes films préférés au lieu d'écouter le prof. Puis je me suis mis à l'écriture d'une fanfiction, et j'en suis venu à créer mes propres histoires et mes propres personnages après plus ou moins dix ans d'apprentissage.
C'est difficile à expliquer en fait, c'est venu naturellement. Même pour les critiques de films que j'ai faites et continue de faire, je passe autant de temps à travailler le texte qu'à poser mes arguments. Idem pour mes billets d'humeur. Même une blague doit être travaillée, c'est important à mes yeux. C'est une passion. J'aime les choses bien écrites, les belles tournures de phrase.
Si je continue aujourd'hui, c'est surtout pour m'évader du quotidien. C'est la même raison qui me pousse à découvrir de nouveaux films, séries, BD ou romans. C'est quand même plus fun d'être un super-héros, quitte à s'en prendre plein la tronche, que vivre nos vies.

2. Pourquoi vous êtes-vous lancé dans le genre policier ?
Avec "Impact", j'avais surtout envie de me prouver que j'étais capable d'écrire un roman. Je m'étais lancé dans plusieurs projets par le passé sans jamais aller au-delà des cinq premières pages. Donc, il me fallait quelque chose de "simple". J'aurais aimé démarrer par une œuvre de fantasy ou de science-fiction (qui font partie de mes projets), mais avant de créer des mondes, il fallait que je sois assuré du fait que je pouvais raconter une histoire sous ce format, celui de la littérature.
Alors pourquoi j'ai choisi policier ? Tout simplement à cause de Vince Harmon. C'est un personnage que j'ai en tête depuis des années, et que j’ai fait évoluer jusqu'au moment où il avait besoin d'avoir sa propre histoire. C'est venu naturellement. Mais ce que je voulais avant tout, c'était écrire un récit de vengeance. Les deux genres s'emboîtaient bien, et là encore, c'est venu naturellement.

3. Votre personnage, cela pourrait être Mike Hammer ou un héros de ce type… Ce sont vos références ?
Je connais Mike Hammer, mais je n'ai ni lu ni vu aucune de ses aventures. Cela dit, j'aime ces héros pulp, rejoignant ces flics bordeline des années 70/80, comme l'inspecteur Harry. C'est quelque chose qui manque aujourd'hui.

En fait, c'est un résultat d'influences : les BD "Blacksad" sont passées entre mes mains avant que je ne démarre l'écriture, et je suis persuadé que le résultat aurait été quelque peu différent sans ça. Il en va de même pour l'âme romantique de Vince Harmon, due à Spike Spiegel, de la série animée japonaise "Cowboy Bebop". Après, le tout est de savoir digérer ses références pour mieux les utiliser.

Mais ma plus grande influence est le scénariste américain Shane Black, auteur de "L'arme fatale", "Le dernier Samaritain" ou encore réalisateur de "Kiss Kiss Bang Bang". J'aime l'idée du bon mot placé au bon moment, que ce soit dans une conversation ou dans une séquence d'action. L'art de la punchline est subtil, et Black l'a amené à son summum. Même si mon récit est plus noir, et laisse moins de place à l'humour que ce que fait Shane Black, le cynisme d'Harmon est majoritairement utilisé comme décompresseur, que ce soit à la violence ou à la noirceur du récit.

4. Votre histoire aurait-elle pu avoir lieu ailleurs qu'aux États-Unis ?
Bien sûr, en Angleterre par exemple. Mais avec un nom comme Vince Harmon, ça me paraissait difficilement transposable dans un pays francophone. Après, il y a le fantasme que l'on se fait en voyant des films ou lisant des romans. Personne n'a vraiment envie d'aller visiter les lieux de tournage d'un film des frères Dardenne. Par contre, lever la tête et admirer le Nakatomi Plaza de "Die Hard", c'est autre chose ! Traverser les rues où a eu lieu la course-poursuite de "Bullitt" fait le même effet. Y a ce fantasme-là qui contribue pour beaucoup dans le choix de la localisation du récit.

5. Vous avez décidé d'écrire avec un narrateur interne, qui s'adresse aux lecteurs. Pourquoi ce choix ?
On revient sur "Kiss Kiss Bang Bang" de Shane Black. C'est en revoyant le film que j'ai décidé de lancer l'écriture du roman, et le film démarre par le personnage campé par Robert Downey Jr. s'adressant directement aux spectateurs en voix off, en les prenant à parti. Je trouve le procédé amusant, et j'ai décidé de l'utiliser, mais avec parcimonie. Harmon ne s'adresse au lecteur lui-même qu'à trois reprises si je ne dis pas de bêtise. Il fallait que ça reste ludique, et que ça ne vienne pas gêner l'avancement de l'histoire.
Pour le reste, la narration à la première personne donne un ton plus brut, tout comme le choix de raconter l'histoire au présent. Le lecteur vit les évènements en même temps qu'Harmon, et de ce fait, en même temps que moi.

6. La violence est omniprésente dans votre histoire. Pourquoi autant ? Cela ne gâche-t-il pas finalement la crédibilité de l'histoire ?
Non, absolument pas ! Je suis un pur produit des années 80. "RoboCop" est l'un de mes films préférés, et je l'ai découvert à l'âge de 8 ans. C'est un des films les plus violents de l'histoire du cinéma ! Et ça me manque. En fait, je trouve que tout est aseptisé aujourd'hui. On ne montre plus rien à l'écran, même un film comme "2012", aussi débile soit-il, se permet de tuer des milliards (!) de gens, mais il ne présente pas un seul cadavre à l'écran. C'est risible et de plus en plus fréquent.
Les références qui m'ont amené à créer Vince Harmon sont des personnages brutaux. Que ce soit Spike Spiegel ("Cowboy Bebop"), Joe Hallenbeck (Bruce Willis, "Le dernier Samaritain") ou encore Martin Riggs (Mel Gibson, "L'arme fatale"), ils ont ça en commun : la violence dans le sang, mais ils ont une âme, ce sont de beaux personnages, tous un peu cassés. À partir du moment où le personnage est bien construit, ses actions seront acceptées tant qu'elles ne dépassent pas une certaine limite. Je pense toutefois avoir franchi cette limite, mais cela n'arrive qu'au moment où Harmon démarre son chemin de croix, lorsqu'il a tout perdu. Le récit policier laisse place à un pur récit de vengeance. Malgré tout, je pense être parvenu à conserver sa part d'humanité. Ce sera aux lecteurs de se faire une opinion.

7. Avez-vous l'intention de faire de ce Vince Harmon un personnage récurrent pour d'autres histoires ?
J'y ai pensé. Il y a beaucoup de choses à raconter sur son passé, que ce soit quand il était encore flic, ou ses débuts en tant que détective privé. J'ai raconté les points essentiels dans "Impact", mais je pourrais encore en dire beaucoup. Il faut juste avoir la bonne histoire, et surtout les bonnes intentions, car il ne sert à rien de le ressortir pour tout gâcher. Là, je préfère me concentrer sur des choses nouvelles même si un semblant de Vince Harmon existera dans d'autres personnages, lui-même étant le résultat de mes idoles.

8. En tant que jeune auteur, n'est-ce pas le parcours du combattant pour se faire publier ?
Ça l'est ! Et ça peut même devenir très vite décourageant, entre les refus et autres maisons d'édition qui n'ont visiblement pas l'énergie d'envoyer ne serait-ce qu'un e-mail pour dire qu'ils refusent le manuscrit…
C'est pour ça que j'ai opté pour une maison d'édition alternative, c'est un plus pour un débutant, ça permet de faire exister l'objet. En ce qui concerne les moins, c'est qu'il n'y a pas de présence physique en librairie, il faudra le commander au préalable, donc aucune chance d'attirer l'œil du lecteur via la couverture.

9. Avez-vous d'autres projets à présent ?
J'en ai toujours 5 ou 6 en même temps. J'attends juste que l'un d'entre eux se dégage, devenant ainsi ma priorité. Le processus se fait naturellement, je n'y réfléchis pas trop. Si ça vient, je laisse venir, sinon je ne force pas. Et là, j'ai une idée assez précise de ce que sera mon prochain roman. Cela dit, j'étais persuadé de l'avoir en juin dernier également, et j'ai lâché l'affaire moins d'une semaine après donc…

10. Quels sont les premiers échos de votre travail ?
Globalement, c'est positif. Mais peut-être que mes lecteurs me confondent avec Vince Harmon et ont peur de me dire la vérité ?
Plus sérieusement, j'en suis assez content, surtout lorsque ça vient de gens que je connais. En tant que lecteur/spectateur, c'est toujours embêtant de dépenser de l'argent dans quelque chose qu'on n'a pas aimé. Croiser fréquemment la personne responsable de cette perte d'argent doit être extrêmement pénible. Donc les entendre m'encourager quant à l'écriture d'un deuxième, et me dire qu'ils n'hésiteront pas à l'acheter est plutôt rassurant.

26 juillet 2014

DAWN OF THE PLANET OF THE APES de Matt Reeves

dawn_of_apes_teaser_posterAndy Serkis, le film

Il y a deux manières d'évoquer "Dawn of the Planet of the Apes" (ou "La planète des singes: l'affrontement" en VF, qu'on oublie directement pour l'appeler "Dawn of the Apes" à partir de maintenant) : la première est de prendre le film tel qu'il est, dans son scénario et sa mise en scène. Hélas, il n'y aura pas grand-chose à en dire. Non pas que ce soit mauvais, loin de là, mais son histoire somme toute banale et manquant cruellement d'enjeu (à moins que voir des mecs travailler dans un barrage pour récupérer de l'électricité vous mette en transe, c'est juste un affrontement hommes/singes comme l'indique le titre français), n'est jamais transcendée par une mise en scène qui, si elle reste très agréable, n'arrive jamais à nous émerveiller.
La deuxième est en réalité la bonne manière de l'évoquer. À travers une technique, et un acteur pionnier du genre : la performance capture, et Andy Serkis. Ainsi, un film banal, pas désagréable, mais sans génie, se voit transcendé par une technique, et par un acteur tellement investi par ce qu'il fait qu'il donne littéralement son cœur et son âme au projet.

Alors oui, soyons directement très clairs : le fameux chef-d'œuvre vendu par beaucoup n'existe pas ! On en est très loin. Pourtant, durant son premier quart d'heure, Reeves nous le promet. Et on y croit, car ces premières quinze minutes reflètent tout ce qu'aurait dû être le film : une œuvre avec un point de vue unique, à savoir celui des singes.
Pendant un quart d'heure, nous suivons ceux-ci, le tout sans aucun dialogue, et c'est tout ce dont on aura besoin pour réaliser que le travail fourni sur "Rise of the Planet of the Apes" va être transcendé sur celui-ci. Outre le travail des acteurs qui est époustouflant de réalisme (Andy Serkis n'a plus rien à prouver, mais il continue de nous épater, et de son côté, Toby Kebbell incarne un Koba touchant, et se pose comme étant la surprise du film), les singes sont là, ils sont vrais, et tous (du moins les principaux) identifiables en un coup d'œil ! D'ailleurs, à ce sujet, il suffit aux acteurs d'un simple regard et non de dialogues pour se faire comprendre. La technique évolue à une vitesse incroyable, surtout lorsque l'on pense que les yeux étaient, il y a quelques années à peine, la plus grosse problématique de la performance capture.

Malheureusement, ce point de vue unique n'existe pas. Car après ce premier quart d'heure, "Dawn of the Apes" rejoint les hommes. Et si le casting est bon (Jason Clarke en tête), ce que raconte Reeves n'a rien de bien inédit, sans compter que les enjeux n'ont pas grande importance puisque l'on sait vers quoi on se dirige (à moins que le troisième film ne vienne changer la donne ?).
C'est en réalité lorsque les hommes se retrouvent face aux singes que l'histoire redevient intéressante. Suivre les interactions entre les personnages "live" et ceux issus du cinéma virtuel est et restera à tout jamais fabuleux. Que ce soit dans les moments intimes (la famille s'installant avec les singes donne lieu à quelques jolis moments), ou le fameux affrontement final où le film s'envole enfin pour saisir le spectateur.

Et n'oublions surtout pas de mentionner le grand Michael Giacchino, livrant une magnifique partition comme à son habitude (probablement le soundtrack de l'année). Il continue, avec la performance capture, à hisser le film au rang de captivant en livrant des sonorités que l'on n'avait plus entendues depuis "Lost", mais sans jamais se contenter d'un simple copié/collé. Il participe à créer l'émotion, et le fait avec génie et simplicité. Difficile maintenant de dissocier Ceasar de cette envolée lyrique qui clôt le film. On regrettera toutefois un plan final trop basique, sans grande idée. Le moment pour Matt Reeves de nous rappeler que c'est avant tout Andy Serkis qui porte le film.

En fait, on peut tout résumer très simplement : celui qui aime "Rise of the Apes" va adorer "Dawn of the Apes". Par contre, celui qui ne l'aime pas, ou qui est neutre (ce qui est mon cas), ce sera tout de suite plus débattable. Mais quand les avancées technologiques permettent d'élever la qualité d'un film, comme un réalisateur peut transcender un scénario banal, c'est là qu'on se dit qu'on vit une époque formidable, et que pouvoir être témoin de ça fait de nous des privilégiés.
(Sortez vos violons les gars, je devais niais.)

Un petit bonus fort intéressant : dites-vous donc que cette année, nous aurons eu deux types de singes issus de la performance capture. Ceux bluffant de réalisme et tutoyant la perfection de "Dawn of the Apes", et ceux absolument dégueulasses du "Tarzan" (où tout est dégueulasse en fait) avec Kellan "Twilight" Lutz dans le rôle-titre. Une énième preuve que la performance capture est un outil brillant… dans les mains de gens compétents ! Car "Tarzan" semble daté au point qu'il fait passer "Le Pôle express" de Robert Zemeckis sorti il y a 10 ans (et premier film intégralement réalisé en performance capture) pour le "Tintin" de Steven Spielberg !
Passer, la même année, de l'un à l'autre, c'est comme passer d'un film de Fabien Onteniente à "Gravity" ! Et rien que pour ça, il semble important d'aller voir "Dawn of the Planet of the Apes".

09 juillet 2014

SABOTAGE de David Ayer

sabotage_ver6_xlgVoici donc le dernier ratage en date de l'ami Arnold Schwarzenegger, à savoir "Sabotage" de l'inénarrable David Ayer.
Blague dans 5...

Bon, déjà, faut relativiser la chose : c'est écrit par Skip Woods. Dès le début, ça sentait donc mauvais. Monsieur est quand même responsable (entre autres) de ces étrons filmiques que sont "Die Hard 4" et "Hitman" (soit des films qui n'ont rien compris à la franchise dont ils sont censés faire partie). Puis c'est co-écrit et réalisé par David Ayer. Le mec totalement surestimé par une poignée de gens aussi effrayants que les amoureux du genre (et des zombies) qui aiment "The Walking Dead". C'est à n'y rien comprendre !
Au passage, il serait donc bon de rappeler que "Training Day", c'est vraiment pas bon, et faut sérieusement envisager d'arrêter de se branler sur ce machin-là.
...4...

Mais ça, à la limite, c'est un détail. On a un scénario assez nul et une réal absente (cool, caméra à l'épaule, genre pour le réalisme, wesh ma gueule, t'as vu ?), mais tout ça était vu d'avance, lorsque l'on considère les noms au générique. Non, c'est surtout le reste des noms qui inquiète. Parce que le casting est impressionnant. Y a d'excellents acteurs au milieu de tout ça. Puis, y a l'ex-Mister Univers aussi.
Si on a toujours su que l'ami Schwarzie n'avait jamais été un grand acteur, il est néanmoins le point fort de la bande. Dingue, non ? Car oui, on a là un groupe de badass motherfucker, et fallait bien que le cast joue le rôle pour lequel il est employé. Donc on leur fait des trognes pas possibles, make up, tatouages, barbes, etc. Et ça marche ! Certains (Sam Worthington par exemple) sont méconnaissables. Mais le look ne fait pas tout. Alors il faut jouer ces rôles.
Et là, c'est le drame !
...3...

Pas aidés par des dialogues nazes, tout le monde surjoue, bien décidés à mettre un plus large spectre sur la définition du mot "acteur". Puis, il y a une mention spéciale pour Mireille Enos (pourtant le point supposément fort du casting). Car en plus d'en faire un peu (mais juste un peu) trop, la bougresse décide d'enculer droit dans l'oreille tout ce qu'on sait sur le jeu d'acteur dans un final qui ressemble à un festival de tout ce qu'on a vu de plus improbable dans l'histoire du cinéma. En une dizaine de minutes, elle nous montre tout ce qu'il ne faut pas faire si l'on veut rendre son personnage crédible.
...2...

Je pourrais ne vous recommander la vision de cette daube que pour apprécier ce final nanardesque au possible (et assez drôle, je dois vous avouer m'être bien marré sur ses dernières minutes), mais je pense que l'on peut faire beaucoup de choses bien plus intéressantes en 1h50. Comme regarder un bon film. Mais ça, ce n'est qu'une suggestion que je ne suis moi-même pas capable d'appliquer.
...1...

Quoi qu'il en soit, le retour d'Arnold Schwarzenegger devant la caméra n'est pas évident. "The Last Stand" reste une petite déception, mais il avait le mérite d'être emballé proprement (même si Kim Jee-Woon nous avait habitués à mieux). Et ce n'est certainement pas "Escape Plan" qui pourrait relever le niveau. Puis là, il va y avoir un nouveau "Terminator" où Arnold, définitivement trop vieux pour ces conneries, va reprendre son rôle de T-800.
Misère de misère...

...0 !
La question est maintenant de savoir qui est responsable du sabotage de "Sabotage" !
BA DUM TSSSSHH !
Mais sinon, le film est plutôt pas mal si t'aimes bien les bons acteurs qui jouent mal et en font 4 tonnes, ou encore si t'aimes les scénarios nazes et l'absence de réal. Oui, c'est vraiment pas mal dans ce cas de figure.

30 juin 2014

ONE SHOT : 5e anniversaire du JLPC

 

Au programme de ce one shot anniversaire :

- "X-Men: Days of Future Past" de Bryan Singer
- "Le retour de Flesh Gordon" de Howard Ziehm
- "This is 40" de Judd Apatow

JOYEUX PUTAIN D'ANNIVERSAIRE !!!
Eh ouais, en ce jour, le JLPC (Jour Le Plus Con pour les non-initiés qui n'ont visiblement pas encore compris que j'ai jamais assumé ce titre) fête ses 5 ans ! L'occasion pour moi de ressortir mon vieux matos pourri qui n'avait pas été utilisé depuis... mars 2013 !

Je vous apporte donc de la bonne humeur, un ou deux pétages de câbles (je suis toujours un sociopathe) et pas mal de cinéma, avec au programme le formidable "X-Men: Days of Future Past", ou encore ce truc improbable qui n'aurait jamais dû exister (et INTERDIT AU MOINS DE 16 ANS ! Fripons que vous êtes !) "Le retour de Flesh Gordon", et surtout, pour finir en apothéose, le génial "This is 40" du non moins génial Judd Apatow.

On parlera aussi des exécutifs de Sony et leur manière de penser la franchise "Spider-Man", mais aussi de "Gravity", et on évoquera Miley Cyrus et le foot. Si si. Tout ça dans la même émission. Et bien plus encore ! Moi, je serais vous, je regarderais ça illico !

Un bisou à ceux qui m'ont demandé le retour de l'émission. Celle-là, elle est pour vous ! On se sera bien marré, et ça méritait bien un baroud d'honneur, un chant du cygne. Ceci est mon "Rocky Balboa", mon "Rambo IV".

N'hésitez pas à aimer, commenter et partager !
Enjoy, and see you space cowboy.

Le livre : http://www.edilivre.com/doc/559694

26 mai 2014

X-MEN: DAYS OF FUTURE PAST de Bryan Singer

X-MenDOFPS'il y a une franchise qui représente les super-héros au cinéma mieux que quiconque, c'est bien "X-Men". D'abord parce que si le film de Bryan Singer, sorti en 2000, n'avait pas marché, nous n'aurions pas connu l'avènement (du moins pas aussi rapide) du genre que nous avons vécu ces 14 dernières années, et ensuite parce qu'elle montre très clairement que la place d'un réalisateur/auteur ayant un réel point de vue est une chose primordiale pour la réussite de l'œuvre.
Car "X-Men", c'est d'abord deux bons films signés Singer, suivis de deux produits sans âme par des yes man serviles. Et comme n'importe quelle autre saga, on se dit que c'est foutu, et l'espoir n'est plus permis. Mais ça, c'était jusqu'à ce que Bryan Singer revienne aux manettes, signant le traitement de l'histoire de ce que sera l'excellent (et retour en grâce de la franchise) "X-Men: First Class", préquelle réalisée par Matthew Vaughn, et repassant derrière la caméra pour ce "Days of Future Past", réunissant le casting de la trilogie d'origine avec celui des préquelles. On appelle ça boucler la boucle !
(Vous noterez que j'oublie volontairement "The Wolverine" de James Mangold, car si il est loin d'être nul, il reste particulièrement anecdotique, et sans grand intérêt.)

L'autre point fort de "X-Men" tient dans sa pérennité. Cette franchise prouve que l'on peut tenir une histoire/saga sans se voir forcé de rebooter la chose pour x raisons, généralement mercantiles. 14 ans que cela dure, et ce n'est pas prêt de s'arrêter (la suite de ce "Days of Future Past" (DOFP pour les intimes) étant prévue pour 2016, et répondant au doux nom de "Apocalypse").
Pas de reboot ? Oui et non. Car en dehors de quelques clin d'œil, on pouvait noter de petites incohérences entre "First Class" et la trilogie d'origine. Alors simple préquelle ou reboot ? Et bien Bryan Singer répond à la question grâce à "Days of Future Past" en créant une forme de semi-reboot laissant exister les autres films de la franchise (en dire plus serait hautement spoiler), tout en s'assurant la plus grande ouverture possible quant à la suite (en annihilant toutefois la majorité des conneries que nous ont fait subir Brett Ratner et Gavin Hood). En fait, Singer crée un pont reliant tout à travers Wolverine. À ce titre, le clin d'œil à "Star Trek" est on ne peut plus évident, puisque c'est exactement la même chose qu'avait faite JJ Abrams en 2009.

Avec "Days of Future Past", Bryan Singer fait amende honorable. Il s'excuse d'avoir abandonné le navire, et d'avoir laissé des gens incompétents poser leurs sales pattes sur sa franchise, cassant ainsi son jouet. Il répare du mieux qu'il peut, et la note d'intention est donnée dès l'ouverture alors que la fanfare Twentieth Century Fox laisse retentir le thème original des X-Men signé Michael Kamen 14 ans plus tôt. Très vite, il enchaîne par une séquence d'action monumentale où il peut se vanter d'avoir utilisé et uni les pouvoirs de ses personnages de la manière la plus fun et inventive depuis "The Incredibles" du génial Brad Bird, ce qui, vous en conviendrez, n'est pas la moitié d'un compliment.
C'est ainsi qu'en moins de dix minutes, Bryan Singer rassure les sceptiques : si "X-Men: Days of Future Past" n'est pas le meilleur épisode de la franchise (même si je pense qu'il l'est, mais ça ne sera confirmé qu'après une seconde vision), il en est tout proche. À Singer de continuer tout le long du métrage à montrer l'étendue des pouvoirs de ses mutants, que ce soit dans le final avec un Magneto plus puissant que jamais, ou bien LA séquence du film avec Quicksilver, probablement l'une des démonstrations de pouvoir les plus funs vues en salles depuis longtemps. Bryan Singer parvient à créer ici une sensation de vitesse comme jamais vu auparavant (en fait, depuis... "The Incredibles" !), et gère parfaitement les ralentis pour offrir au personnage le moment de gloire qu'il mérite. C'est donc avec un immense bonheur qu'on le retrouvera dans le prochain volet !

Évidemment, ça ne s'arrête pas là ! Si le spectaculaire est bien présent, Singer n'en oublie pas l'émotion, et continue de creuser la relation entre Xavier et Erik démarrée dans l'épisode précédent, n'oubliant jamais d'inclure Raven/Mystique, et sa place prépondérante dans le récit. Le truc, c'est qu'avec le temps (14 ans je rappelle), on s'est attaché à ces personnages, que ce soit l'incarnation première (Patrick Stewart et Ian McKellen, toujours fantastiques) ou la jeune (James McAvoy et Michael Fassbender, sublimes), l'attachement émotionnel est là. Ils ne sont pas simplement en train d'incarner ces personnages, ils sont ces personnages. Comme Bryan Singer croyait et croit toujours en son histoire de mutants, eux croient en ce qu'ils jouent. Ce rapport qu'ils entretiennent avec l'histoire et les personnages joue pour beaucoup dans la réussite des films.

Loin d'être parfait, Singer laissant quelques questions en suspens (comment le Xavier du futur est-il parvenu à recréer son corps, ou encore comment Wolverine a récupéré ses griffes en adamantium qu'il avait perdues à la fin de "The Wolverine"), "X-Men: Days of Future Past" parvient toutefois à éviter l'erreur commise par Brett Ratner et Gavin Hood dans l'abondance de mutants à l'écran. Si eux s'y sont cassé les dents, Singer gère leur temps de présence à l'écran avec parcimonie, et ne les utilise qu'à travers leur fonction. Ils ne sont pas là pour une démonstration de pouvoir inutile, ils sont là car ils ont une utilité dans le récit !
Pour ce genre de détails, on ferme aisément les yeux sur quelques défauts mineurs. C'est la force des bons films, nous faire oublier un ou des élément(s) pouvant poser problème lorsque l'on n'est pas capable de gérer son histoire. Bryan Singer vient rappeler qui est le patron, et après l'effroyable "Jack the Giant Slayer", on espère qu'il n'abandonnera plus sa saga.

Vous l'aurez compris, "X-Men: Days of Future Past" est non seulement un immanquable de l'été, mais aussi de l'année tout court ! Il ne nous reste plus qu'à patienter deux ans pour retrouver les X-Men faire face à Apocalypse, tandis que dans les salles de cinéma, ils seront rejoints par Batman, Superman ou encore Captain America. Étrangement, le fan de DC Comics que je suis a l'impression d'avoir changé de bord...

"Are we destined to destroy each other, or can we change each other and unite?"

20 mai 2014

THE AMAZING SPIDER-MAN 2 de Marc Webb

spidercrotteOublions la trilogie de Sam Raimi. Oublions aussi qu'à la base, 'Spider-Man' est un comic book, et que cette suite du reboot le respecte encore moins que son prédécesseur. Prenons-le pour une création originale. Aucun comparatif possible. Il ne nous reste donc plus qu'à le juger pour ce qu'il est. C'est-à-dire pas grand-chose.
Pourtant, Marc Webb parvient à faire illusion l'espace de quelques minutes. Pas sur sa scène d'intro où il nous raconte la fameuse "untold story" promise dans le premier film (on l'attend toujours), et sans aucun intérêt. Non, la première scène où Spider-Man apparaît, se lançant à la poursuite d'un fourgon pourchassé par la police. L'espace d'une séquence de voltiges, on se prend à y croire. "Et si c'était bien ?" Malheureusement, l'illusion ne fait pas long feu: dès lors que Spidey se met à faire le guignol, ça ne fonctionne plus. Jusqu'à ce qu'on découvre que le thème de Spider-Man est sa sonnerie de portable, qu'il siffle ce même thème pour foutre son ennemi en slip au milieu de la rue... Ah, l'humour ! Qu'il doit être bien d'avoir encore 5 ans dans sa tête pour apprécier ce genre de chose.
À partir de là, plus rien ne va.

Prenons les faits dans le désordre :
- Peter Parker est un petit con arrogant. Il débarque à la remise de diplôme, roule un patin à sa copine sur scène devant tout le monde, fait un high five à son prof, et fait encore plus le guignol. Si quelqu'un peut m'expliquer où est Peter Parker là-dedans, je suis preneur, car là, je ne parviens pas à distinguer un centième de sa personnalité.
- Harry Osborn est intégré au récit. Il revient après avoir quitté New York il y a dix ans, va voir son père mourrant (c'était bien la peine d'engager un acteur génial comme Chris Cooper pour 5 minutes à l'écran...), et celui-ci lui apprend qu'il est également atteint de cette même maladie. Et comme de bien entendu, dès le lendemain, les premiers symptômes font leur apparition. La logique.
- Max Dillon, futur Electro. Difficile de dire ce qu'ils ont voulu faire avec lui (le "jeu" de Jamie Foxx n'aidant pas non plus à la compréhension). Une caricature de geek, j'imagine. Après tout, ils ont fait de Peter Park un hipster à la con, ça montre bien le respect qu'ils ont pour nous. Du coup, on se retrouve avec un personnage ridicule au possible, parfaitement crétin, qui se parle à lui-même, et qui vit dans sa petite bulle. Cela n'a aucun sens, mais au point où l'on en est, on ne va pas trop leur en demander. Ce qu'on veut c'est Electro après tout.

En fait, je pourrais continuer de lister point par point chaque personnage où intrigue en pointant du doigt ce qui ne fonctionne pas, mais ça n'en finirait pas. D'ailleurs, il est intéressant de noter que chaque problème du film nous amène sur un autre problème !
Je parlais d'humour tout à l'heure. Le problème n'est pas que Spidey fasse des blagues, c'est ainsi dans le comics. Non, le problème, c'est le niveau de l'humour. On est à la limite du stand up, sauf que ça n'est jamais drôle. On n'est pas face à Louis C.K. mais plutôt Jamel ou Gad, et ce qui devait être une simple punchline se transforme vite en pur moment de bouffonnerie grotesque. C'est juste lourd et forcé, donc désagréable.

L'autre gros souci, c'est qu'on est venu voir un film de super-héros, mais qu'il n'y a aucune forme d'héroïsme. Le film dure quand même 2h20 ! Alors oui, le film contient bien quelques séquences de voltige assez réjouissantes, mais tout comme les séquences d'action, elles sont beaucoup trop courtes, et gâchées par des ralentis mal sentis. Soyons clair : la première apparition d'Electro arrive après plus de 50 minutes de film. Il n'y aura pas d'affrontement à proprement parler, et le tout sera réglé très rapidement, envoyant ainsi Electro en prison/hôpital psychiatrique pendant une heure suite à quoi il s'évadera (dans une séquence hautement ridicule, sponsorisée par les fabricants de tasers. Arrivera alors l'affrontement final avec Spider-Man qui dure moins de 5 minutes pour voir arriver le Bouffon Vert pour même pas 3 minutes !
Alors déjà que ça fait très peu d'action, en plus de ça, on a droit à une publicité mensongère vendant l'alliance des ennemis de Spider-Man, mais ça n'arrive jamais car le Rhino, 3ème méchant du film, n'arrivera que sur les trois dernières minutes du film, sous forme de cliffhanger pour annoncer la suite, nous amenant ainsi sur le problème suivant !

'The Amazing Spider-Man 2' n'est pas pensé en tant que film, mais en tant que franchise. Et je ne parle même pas du fameux "univers étendu" qu'ils veulent exploiter. Le but du film est d'amener sa suite, tout comme celui de son prédécesseur était d'introduire celui-ci. Derrière le marketing, il n'y a plus de cinéma sous aucune forme, et cela se ressent à tous les niveaux.
Prenons l'exemple des méchants : le Lézard dans le précédent film, et Electro dans celui-ci. Tous deux viennent du même endroit, à savoir Oscorp. Le Bouffon Vert sera mis de côté puisque, pour le coup, il est logique qu'il soit apparenté à la firme. Mais les Sinister Six annoncés, eux aussi viennent d'Oscorp ! En clair, on a 8 ennemis de Spider-Man, et tous ont les mêmes origines. Sans compter que Spider-Man lui-même est le résultat des recherches d'Oscorp !
Et comme si ça ne suffisait pas, le personnage de Gwen Stacy travaille à Oscorp, et 'The Amazing Spider-Man 2' introduit Felicia Hardy qui... travaille chez Oscorp ! Non seulement son personnage ne sert à rien dans le film (à part annoncer l'arrivée prochaine de la Chatte Noire j'imagine, sans quoi on est en plein hors-sujet), mais elle n'a absolument rien à faire là !
Les mecs, ils ont une idée, et ils s'y tiennent ! Ils veulent tout relier à Oscrop, mais ça ne sert à rien, et pire, ça n'a pas de sens ! Ils ont un univers plus que vaste à explorer, mais ils n'en ont tellement rien à faire des comics qu'on en vient à se demander pourquoi ils font ces films (l'argent, je sais). Marc Webb a avoué à la télé (face à une caméra !!!) qu'il ignorait pourquoi on l'avait appelé pour s'occuper du reboot. Si c'est pas un aveu de renoncement, qu'est-ce que c'est ?

Pour résumer tout ce qui ne va pas dans le film, c'est au final aussi simple que ça : ce reboot fonctionne comme une sorte de renoncement absolu. Même concernant Electro : si Max Dillon ne faisait aucun sens, ils ont continué dans cette logique avec ses pouvoirs. Ils sont totalement aléatoires, et il est impossible de les définir correctement. C'est quand même pas difficile de se tenir à un plan simple (ceci n'est pas une référence à Sam Raimi) quand même ? Et je n'évoque même pas la raison qui poussera Electro à passer dans le camp des méchants.
Allez, si, c'est tellement risible : il veut devenir l'ami de Spider-Man, mais Spidey l'a oublié parce qu'il ne l'a vu que trente secondes après l'avoir sauvé quelques jours plus tôt... Et c'est ça qui est considéré comme "un grand film de super-héros" par, malheureusement, des adultes !

À la limite, on pourrait sauver le film en se disant que Marc Webb veut s'intéresser à l'humain plus qu'au reste, mais là aussi il échoue lamentablement. Il suffit de voir la manière dont Harry Osborn, futur Bouffon Vert, est introduit pour s'en convaincre. Dès le départ, son personnage est assez antipathique, donc le voir passer au statut de méchant ne crée aucune affecte. Pire : on ne croit jamais en la relation Peter/Harry, et ce pour la raison très simple qu'ils n'ont que trois scènes ensemble ! Il ne suffit pas de faire dire à un personnage "c'est mon meilleur ami" pour que le spectateur y croie (sans compter que si t'as pas parlé à un type depuis 10 ans, c'est tout sauf ton meilleur ami). Il faut développer cette relation, pour ainsi, au moment du basculement, ressentir une quelconque émotion.
J'avais promis que je ne ferais pas de comparaison avec les films de Raimi, mais pour développer mon point, je me dois de manquer à ma règle l'espace d'un instant : le personnage d'Harry Osborn est développé sur deux films avant de devenir le Bouffon Vert, et l'un de ses films est en partie centré sur ce basculement. Raimi crée une relation entre Peter et Harry. Ils sont amis. Ce ne sont pas que des mots prononcés pour donner un fait au spectateur. Du coup, les voir se déchirer crée une émotion, chose que ne peut pas réussir à faire Webb.

Faisons preuve de bonne foi en revenant à nouveau sur Sam Raimi : je ne suis pas un fan de Mary Jane dans sa trilogie. Je trouve que le personnage n'est pas des mieux écrit, et j'a même tendance, par moment, à la trouver carrément égoïste, et de ce fait un peu antipathique pour pas mal de raisons que je ne vais pas développer ici car ce n'est pas le propos. Sachez juste que je ne suis pas très fan. Bref. Son personnage n'en reste pas moins utile et cohérent par rapport au récit, là où Gwen Stacy est un énorme point d'interrogation. Toute la relation construite sur les deux premiers films de Raimi fait sens : il est amoureux d'elle, elle n'a d'yeux que pour Spider-Man, puis après avoir appris à connaître Peter Parker, elle en tombe amoureuse... et à lui de la rejeter parce que "de grands pouvoirs impliquent de grandes responsabilités". C'est la base de 'Spider-Man', et ça n'apparaît jamais dans le reboot. À la place, Peter oublie le meurtrier de son oncle, et profite de ses pouvoirs pour draguer celle qu'il aime, lui révélant aussitôt qui il est. Et lorsque l'on pourrait enfin tutoyer le drame, à savoir la promesse faite au père de Gwen avant qu'il ne meure, Webb balaie ça d'un revers de la main pas moins de 5 minutes plus tard.

Les rares choses que Marc Webb parvient à construire, il les démolit aussitôt... pour mieux les ramener sur le film suivant ! Mais encore une fois, tout ça est très mal fichu. Exemple concret avec Denis Leary (Capitaine Stacy, père de Gwen) qui revient ici sous forme fantomatique pour rappeler la fameuse promesse non tenue à Peter. En fait, ces apparitions sont symptomatiques de ce qui ne va pas dans le film puisqu'elles ne font que confirmer, après 10 minutes à peine, la manière dont celui-ci se conclura (et que tout lecteur de comics avait déjà grillée dès le tournage du film). Et comme si ça ne suffisait pas, Stacy Senior nous rejoue le Obi-Wan du pauvre sur la toute fin du film pour bien souligner ce qu'il va se passer ! À force d'appuyer le trait, il est impossible de créer la surprise, même si cette fameuse scène reste la meilleure du film. Peut-être parce que, justement, je l'attendais au tournant, et que le fait de voir Andrew Garfield arrêter de jouer les tocards tête à claque m'a enfin permis de commencer à apprécier la chose. Malheureusement, encore une fois, Webb foire tout ! Le seul moment d'émotion du film est totalement annihilé par ce qui suit, puisque tout est mis en place dans l'unique but d'annoncer la suite.

Le truc le plus frappant dans ce reboot, c'est que Webb construit pas mal de séquences comme s'il faisait une nouvelle comédie romantique indé, et qu'il est obligé de broder autour avec cette histoire de super-héros. Donc la vraie question qu'on se pose à la vision de ces deux effroyables 'Amazing Spider-Man' (qui n'ont d'amazing que le titre), c'est pourquoi avoir fait faux-bond à la FOX pour venir faire ça ? '(500) Days of Summer', loin d'être génial ou recommandable, s'avère regardable voir même sympathique par instant. Ici, Webb se pose en yes man qui se contente de raconter les conneries imposées par Avi Arad et les autres.
Rappelons quand même que la moitié de ce qu'on pouvait voir dans les trailers du premier film n'étaient pas dans le film en question (la fameuse untold story), et que ce coup-ci, Mary Jane était intégrée au scénario, et ils ont tourné ses scènes... pour au final, tout couper au montage et virer l'actrice pour en prendre une autre dans le prochain film ! Ça montre quand même bien le degré de respect qu'ils ont pour ce qu'ils sont en train de faire...

Mais le plus dingue dans tout ça, c'est qu'on peut encore réparer les pots cassés (toi aussi, introduis ton expression de grand-mère dans tes critiques) : il suffit d'utiliser la mort de Gwen (j'avais évité le spoiler et là, patatras !) pour redéfinir le personnage de Peter, et se débarrasser du gros con arrogant qu'ils ont dépeint, et en faire le vrai Peter Parker du comics (car trahir l'histoire, c'est une chose, trahir l'esprit en est une autre). Une idée simple, même évidente, mais qui ne sera certainement pas utilisée. C'est tellement mieux de brasser du vide pendant 2h, et de foutre des ralentis pour faire super cool plutôt que de travailler un minimum ses personnages !
'The Amazing Spider-Man 3', à moins d'un miracle, sera donc du même niveau, mais si Webb s'en va vraiment après comme il l'a promis, peut-être peut-on reprendre espoir, et croire qu'un vrai réalisateur tentera de sauver les meubles, et essayer (je dis bien essayer – ce serait déjà une performance en soi) de faire un minimum de cinéma. En attendant, il faudra se contenter de scénarios insipides voir carrément crétins, de dialogues ineptes, d'acteurs très peu inspirés (pourtant, beaucoup d'entre eux sont excellents en temps normal), et d'un je-m'en-foutisme à toute épreuve. C'est aussi ça qu'on appelle Hollywood.

"With great power comes great responsability."
And with a shitload of money comes fuck you I'll do whatever I want.

17 mai 2014

ROBOCOP de José Padilha

robocopRoboCrotte

Question : à quoi cela sert-il de faire le remake d'un film quand on a décidé de ne garder absolument rien de l'œuvre originale ?
Réponse : à rien, sinon pour l'argent évidemment.
Développement : en se foutant de la gueule du monde.
Résultat : échec au Box Office. Comme quoi, parfois, il y a une justice en ce bas monde.
Car oui, il n'y a rien de "RoboCop" dans le film de José Padilha sinon le nom. À ce titre, si le film s'était appelé "RoboNinjaCop" (faut voir ce que fait ce RoboCop édition 2014...) ou une connerie du genre, on aurait pu être beaucoup plus cool envers le film. Il est nul, il n'a aucun intérêt, mais on s'en fout. Aussitôt vu, aussitôt oublié. Sauf qu'ici, il se veut être le remake d'un chef-d'œuvre culte qui a conservé toute sa superbe, et dont le propos continue de faire sens aujourd'hui. Tu m'étonnes qu'on lui tombe dessus !

En fait, tout le film pourrait être résumé par une réplique prouvant qu'ils n'ont rien compris de ce qu'était "RoboCop", et pointe directement du doigt leur cible principale : "He transforms. Kids love it."
Forcément, quand tu vises Michael Bay et ses conneries de "Transformers" alors que tu touches au travail de Paul Verhoeven, ça la fout mal. Car voir un robot sortir d'une bagnole de flic et buter un mec, c'est autre chose que de voir un robot sur sa super-moto top tendance et faire le guignol, des bonds de géants ou autres gesticulations Iron Manesque. Tout est fait et pensé pour les kids, mais à en croire le Box Office, ils n'en avaient rien à foutre. Et c'est tant mieux.

Bref, pour bien démarrer ce film inutile, on se tape une demi-heure d'explications sans le moindre intérêt, et tout ça pour crédibiliser l'environnement, alors qu'il suffisait de deux scènes à Verhoeven pour y parvenir : Murphy se fait buter, il se réveille, il est RoboCop. Point. Et nous, on y croit. On appelle ça la suspension d'incrédulité. Chose qui, visiblement, n'est plus possible de nos jours tant on a besoin de tout nous expliquer en détail à travers des origin stories de plus en plus pensées pour un public crétin. Vivement "Joséphine Ange Gardien, les origines" !
Tout cela est à double tranchant : à force d'explications, le spectateur est en mesure de se poser des questions, et de douter de la crédibilité de ce qui lui est présenté. Lorsque les faits sont posés et imposés, il est par conséquent impossible de douter de la chose (et la suspension d'incrédulité de te faire passer outre ce qui pourrait éventuellement cloquer). Mais à la limite, tout cela n'a aucun intérêt : on est venu voir un film qui s'appelle "RoboCop". On est donc là pour voir un robot policier. Point. Alors pourquoi faire autant d'efforts pour faire accepter au spectateur ce qu'il va voir puisque, de toute façon, c'est ce qu'il est venu voir ? Bref, ça n'a aucun sens. Mais si seulement c'était tout...

Zappons la mort de Murphy – ultra violente et traumatisante chez l'un, à la limite du hors-champ chez l'autre –, et concentrons-nous plutôt sur la suite. Car enfin, nous y sommes : c'est RoboCop qui commence. Sauf que non. Encore une fois, on oublie un élément essentiel de "RoboCop" : l'humain qui se réveillait dans la machine (la scène finale du film – l'original – étant parfaite et concluait le film à merveille, là où le film de Padilha ne fait qu'amorcer une éventuelle suite). Ici, c'est la fête du slip : Murphy sait qui il est, et il en va de même pour tout le monde (c'est d'ailleurs même sa femme qui accepte qu'il devienne RoboCop !). À la limite, pendant un quart d'heure, on va jouer le coup du robot qui est un robot, mais c'est à peine esquissé, alors à quoi bon perdre mon temps pour en parler ?

C'est sûr, on fait un ou deux clins d'œil à l'original (le "I'd buy that for a dollar" devenant une négation, ce qui veut tout dire !), mais ça ne suffit pas à en faire un "RoboCop". En fait, comme "Total Recall" avant lui, ça ne prouve qu'une seule chose: les instigateurs de ces remakes n'ont jamais compris le cinéma de Verhoeven, n'y voyant probablement que des produits crétins franchisables. Et au final, le film n'a de RoboCop que le nom. Et un thème grandiose signé Basil Poledouris à peine utilisé – mais pour le coup, on va les en remercier, parce que ç'aurait été dommage de le gâcher pour si peu.
"I wouldn't buy that for a dollar?" En effet. Ça ne vaut absolument rien.

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30 avril 2014

Grumpy Seb - Transformers

ATTENTION !
Si tu ne lis pas ce billet jusqu'au bout, tu vas penser que je fais ce que je reproche à la fin, et contredirais ainsi tout mon propos. Or non. Mais pour cela, faut-il encore lire. Et comprendre aussi.
Merci de votre compréhension.


Bon, on ne va pas tergiverser avec une intro longue et non-sensique présente dans l'unique but de grappiller quelques lignes et faire genre "nan, mais t'as vu le gars, il a trop de choses à dire quoi !" (si t'as lu ça avec une voix de gonzesse mongoloïde caricaturale, t'es un bon gars !) alors que je n'ai rien balancé depuis maintenant fin décembre ! Du coup, sans plus attendre, je réponds à votre question qui suivait le billet en question : oui, la 3ème saison de "Sherlock" était formidable. Reste à attendre 2 ans pour la suite. Pendant ce temps, on se réjouira en se disant que cet analphabète de l'image qu'est Guy Ritchie ne fera pas de 3ème film, trop occupé à violer le Roi Arthur.

Passons maintenant aux choses sérieuses. La raison de ma venue. De mon retour. Enfin, ce pourquoi je suis ici. Tu vois, là, le mec qui a une passion démesurée pour sa voiture ? Au point que tu en viennes à te demander s'il est pas du genre à foutre sa bite dans le pot d'échappement pour prendre son pied ? Qui met sa voiture en photo de profil Facebook avec "j'aime ma voiture et ma p'tite femme" en légende ? Oui, bah on va parler de lui deux petites minutes.
Enfin, non. On va plutôt l'évoquer.
"Recollons les morceaux ensemble" comme dirait l'autre.

Je suis un Geek. Et pas un petit. Un bon gros Geek bien juteux. Le genre de mec qui, une fois pressé, ne se liquéfie pas en sang et autres trucs dégueulasses, mais en références. Un peu comme le Juge DeMort dans "Roger Rabbit" en train de fondre. C'est plutôt ça ma réalité je pense. Pas forcément plus propre, juste différent.
J'aime "Doctor Who". Résultat ? Je m'achète un sonic screwdriver. Deux même. Ceux du 10ème et du 11ème Docteur. J'ai une putain de peluche que j'ai achetée (genre, moi-même !) à l'âge de 24 ans. Parce que c'est Totoro. J'ai l'Anneau de Pouvoir. Ouais, celui-là qui va tous les lier dans les ténèbres. Et j'ai 26 ans. En passe d'en avoir 27. So fucking what ? Je suis un Geek, et fier de l'être.
J'ai rêvé d'être un Goonie, j'ai rêvé d'être un Jedi, aujourd'hui, je rêve d'être un Time Lord. J'aime mon imaginaire, je le trouve plus beau que la réalité. J'aime aussi me cultiver, apprendre de nouvelles choses inutiles aux yeux du monde là où, au mien, savoir qui du soleil ou de la lune tourne autour de la Terre ou je-ne-sais-quoi encore, est soporifique et absolument dispensable.

Bref, il me semble avoir déjà fait le tour de la question Geek il y a fort longtemps, et pourrais sans doute y revenir tant le sujet est vaste et mérite d'être réexpliqué à tous ces petits cons se prétendant l'être pour la simple et (pas du tout) bonne raison qu'ils jouent à des jeux vidéo ou autre argument ne tenant pas la route une seule seconde. Bisou mon garçon, t'es un crétin et tu mérites la potence !

Non, là n'est pas le sujet. L'idée était simplement d'expliquer que je suis un passionné, et que cette passion définit qui je suis. Je rêve de méta-crise, et ça me rend un peu plus intéressant que celui qui rêve d'avoir une plus grande piscine. Mais je ne suis pas non plus là pour me la raconter. Si je suis là, c'est pour essayer de comprendre comment fonctionne le cerveau d'un abruti congénital à qui l'on a remplacé le cœur et le cerveau par des pièces mécaniques d'une voiture.
Nous voilà sur le deuxième fois. Les morceaux se recollent.

Je suis un Geek donc. Visiblement c'est drôle. "Ha ha le Geek, lol, trop drôle, wesh t'as vu ? Tac tac représente !" Savoir que le cinéma n'est pas juste du divertissement, mais un art à part entière qui se doit d'être analysé mérite qu'on me pointe du doigt, qu'on me traite de pisse-froid et autres imbécillités que je n'ai pas pris la peine de retenir, car vous savez, moi, les idiots, je ne leur accorde absolument aucune importance. En fait, ce qu'il y a d'intéressant dans tout ça, c'est que visiblement, faire preuve d'une réflexion intellectuelle, c'est mal vu chez certains. Ceci expliquant beaucoup de choses !
Mais malgré tout, il y a quelque chose de drôle qui ressort de ça. Lorsque le type qui pointe du doigt ta passion débordante est le genre de type que j'ai décrit plus haut. Celui qui aime sa voiture plus que "sa p'tite femme" puisqu'il le place dans cet ordre. Mais ne comprend-il pas ? Ma passion débordante pour l'imaginaire (on va résumer tout ça par ce mot, sinon, je m'en sors plus) est en fait la même que la sienne pour sa voiture. Ce type qui se prosterne devant son véhicule et passe plus de temps à le laver qu'à se laver lui-même, se permet de me prendre de haut ? Monumentale erreur !
Je m'adresse donc directement à toi, l'imbécile : nous avons chacun une passion, et oui, elles ont une grande différence. Cette différence, c'est que la mienne me fait évoluer. La tienne ne te permet que de te déplacer.
Alors, tu veux toujours continuer à me prendre de haut ? Je te propose donc une solution très simple : si tu es parfaitement idiot, s'il te plait, ne parle pas des autres. Reste dans ton coin, et surtout ferme ta gueule. Nous – et je ne parle pas que des Geeks –, on en serait plus que ravi.

La parenthèse pour les idiots étant refermée, je peux recommencer à m'adresser à des gens qui, je l'espère, ont un QI dépassant leur température annale.

Ne nous voilons pas la face : je ne comprendrai jamais la passion des gens pour leur voiture. Pour moi, cela n'a aucun sens. Mais une autre chose n'en a pas : juger. À quoi bon perdre mon temps à pointer du doigt quelqu'un qui a une passion différente de la mienne ? Après tout, les gens font ce qu'ils veulent, et considérant le temps et l'énergie que j'accorde à mes passions, il serait stupide de ne pas accorder aux autres d'avoir la leur.
Malheureusement, certains semblent avoir du mal avec ce concept, d'où mon obligation de caricaturer la passion des autres (et du coup, de ceux qui sont plus ouverts d'esprit que les quelques imbéciles visés – désolé les gars, vous partagez une passion avec des cons. Mais rassurez-vous : chez les Geeks, nous avons notre lot de débiles aussi). Cela étant, ça me permet aussi de conclure par un point important, qui me semble donc obligé d'être répété : faire preuve d'une réflexion intellectuelle, c'est mal vu chez certain, et cela explique beaucoup de choses !


Ah oui, au fait : si j'étais pas là, c'était pour une bonne raison. J'étais trop occupé à me prendre pour un écrivain. Donc si vous êtes gentil, achetez mon premier roman ! Ça s'appelle "Impact", et ça parle d'un détective privé dépressif et alcoolique qui mène une enquête. Y a des blagues dedans, mais pas trop. Puis c'est badass, et violent bien comme il faut. Et y a même de l'amour. Car moi, mes romans, je les aime avec de la romance et des coups de pieds dans la gueule.
Bref, vous allez là mes chéris : http://www.edilivre.com/doc/559694 !
Pour un roman acheté, une place dans mon cœur offerte !
J'vous aime !

Fin »