interview

Salut les enfants !
Lundi, j'étais dans le journal... accompagné d'une photo que j'assumais jusqu'au moment où elle s'est retrouvée dans le journal. M'enfin.
Voici donc l'article (cliquez pour aggrandir), et en bonus, je vous offre l'interview en intégralité, parce que j'suis comme ça, moi : généreux comme pas deux !
On s'fait des bisous et on se retrouve très bientôt ?
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1. Comment avez-vous eu l'envie d'écrire ?
J'ai toujours adoré raconter des histoires, à différents niveaux. Enfant, je prenais des notes en jouant avec mes jouets. Je créais des sortes d'épisodes entre plusieurs sessions de jeu. Un psy y aurait sans doute décelé le psychopathe qui sommeille en moi…
L'étape suivante est due à l'ennui profond que je ressentais à l'école ; je rejouais les scènes de mes films préférés au lieu d'écouter le prof. Puis je me suis mis à l'écriture d'une fanfiction, et j'en suis venu à créer mes propres histoires et mes propres personnages après plus ou moins dix ans d'apprentissage.
C'est difficile à expliquer en fait, c'est venu naturellement. Même pour les critiques de films que j'ai faites et continue de faire, je passe autant de temps à travailler le texte qu'à poser mes arguments. Idem pour mes billets d'humeur. Même une blague doit être travaillée, c'est important à mes yeux. C'est une passion. J'aime les choses bien écrites, les belles tournures de phrase.
Si je continue aujourd'hui, c'est surtout pour m'évader du quotidien. C'est la même raison qui me pousse à découvrir de nouveaux films, séries, BD ou romans. C'est quand même plus fun d'être un super-héros, quitte à s'en prendre plein la tronche, que vivre nos vies.

2. Pourquoi vous êtes-vous lancé dans le genre policier ?
Avec "Impact", j'avais surtout envie de me prouver que j'étais capable d'écrire un roman. Je m'étais lancé dans plusieurs projets par le passé sans jamais aller au-delà des cinq premières pages. Donc, il me fallait quelque chose de "simple". J'aurais aimé démarrer par une œuvre de fantasy ou de science-fiction (qui font partie de mes projets), mais avant de créer des mondes, il fallait que je sois assuré du fait que je pouvais raconter une histoire sous ce format, celui de la littérature.
Alors pourquoi j'ai choisi policier ? Tout simplement à cause de Vince Harmon. C'est un personnage que j'ai en tête depuis des années, et que j’ai fait évoluer jusqu'au moment où il avait besoin d'avoir sa propre histoire. C'est venu naturellement. Mais ce que je voulais avant tout, c'était écrire un récit de vengeance. Les deux genres s'emboîtaient bien, et là encore, c'est venu naturellement.

3. Votre personnage, cela pourrait être Mike Hammer ou un héros de ce type… Ce sont vos références ?
Je connais Mike Hammer, mais je n'ai ni lu ni vu aucune de ses aventures. Cela dit, j'aime ces héros pulp, rejoignant ces flics bordeline des années 70/80, comme l'inspecteur Harry. C'est quelque chose qui manque aujourd'hui.

En fait, c'est un résultat d'influences : les BD "Blacksad" sont passées entre mes mains avant que je ne démarre l'écriture, et je suis persuadé que le résultat aurait été quelque peu différent sans ça. Il en va de même pour l'âme romantique de Vince Harmon, due à Spike Spiegel, de la série animée japonaise "Cowboy Bebop". Après, le tout est de savoir digérer ses références pour mieux les utiliser.

Mais ma plus grande influence est le scénariste américain Shane Black, auteur de "L'arme fatale", "Le dernier Samaritain" ou encore réalisateur de "Kiss Kiss Bang Bang". J'aime l'idée du bon mot placé au bon moment, que ce soit dans une conversation ou dans une séquence d'action. L'art de la punchline est subtil, et Black l'a amené à son summum. Même si mon récit est plus noir, et laisse moins de place à l'humour que ce que fait Shane Black, le cynisme d'Harmon est majoritairement utilisé comme décompresseur, que ce soit à la violence ou à la noirceur du récit.

4. Votre histoire aurait-elle pu avoir lieu ailleurs qu'aux États-Unis ?
Bien sûr, en Angleterre par exemple. Mais avec un nom comme Vince Harmon, ça me paraissait difficilement transposable dans un pays francophone. Après, il y a le fantasme que l'on se fait en voyant des films ou lisant des romans. Personne n'a vraiment envie d'aller visiter les lieux de tournage d'un film des frères Dardenne. Par contre, lever la tête et admirer le Nakatomi Plaza de "Die Hard", c'est autre chose ! Traverser les rues où a eu lieu la course-poursuite de "Bullitt" fait le même effet. Y a ce fantasme-là qui contribue pour beaucoup dans le choix de la localisation du récit.

5. Vous avez décidé d'écrire avec un narrateur interne, qui s'adresse aux lecteurs. Pourquoi ce choix ?
On revient sur "Kiss Kiss Bang Bang" de Shane Black. C'est en revoyant le film que j'ai décidé de lancer l'écriture du roman, et le film démarre par le personnage campé par Robert Downey Jr. s'adressant directement aux spectateurs en voix off, en les prenant à parti. Je trouve le procédé amusant, et j'ai décidé de l'utiliser, mais avec parcimonie. Harmon ne s'adresse au lecteur lui-même qu'à trois reprises si je ne dis pas de bêtise. Il fallait que ça reste ludique, et que ça ne vienne pas gêner l'avancement de l'histoire.
Pour le reste, la narration à la première personne donne un ton plus brut, tout comme le choix de raconter l'histoire au présent. Le lecteur vit les évènements en même temps qu'Harmon, et de ce fait, en même temps que moi.

6. La violence est omniprésente dans votre histoire. Pourquoi autant ? Cela ne gâche-t-il pas finalement la crédibilité de l'histoire ?
Non, absolument pas ! Je suis un pur produit des années 80. "RoboCop" est l'un de mes films préférés, et je l'ai découvert à l'âge de 8 ans. C'est un des films les plus violents de l'histoire du cinéma ! Et ça me manque. En fait, je trouve que tout est aseptisé aujourd'hui. On ne montre plus rien à l'écran, même un film comme "2012", aussi débile soit-il, se permet de tuer des milliards (!) de gens, mais il ne présente pas un seul cadavre à l'écran. C'est risible et de plus en plus fréquent.
Les références qui m'ont amené à créer Vince Harmon sont des personnages brutaux. Que ce soit Spike Spiegel ("Cowboy Bebop"), Joe Hallenbeck (Bruce Willis, "Le dernier Samaritain") ou encore Martin Riggs (Mel Gibson, "L'arme fatale"), ils ont ça en commun : la violence dans le sang, mais ils ont une âme, ce sont de beaux personnages, tous un peu cassés. À partir du moment où le personnage est bien construit, ses actions seront acceptées tant qu'elles ne dépassent pas une certaine limite. Je pense toutefois avoir franchi cette limite, mais cela n'arrive qu'au moment où Harmon démarre son chemin de croix, lorsqu'il a tout perdu. Le récit policier laisse place à un pur récit de vengeance. Malgré tout, je pense être parvenu à conserver sa part d'humanité. Ce sera aux lecteurs de se faire une opinion.

7. Avez-vous l'intention de faire de ce Vince Harmon un personnage récurrent pour d'autres histoires ?
J'y ai pensé. Il y a beaucoup de choses à raconter sur son passé, que ce soit quand il était encore flic, ou ses débuts en tant que détective privé. J'ai raconté les points essentiels dans "Impact", mais je pourrais encore en dire beaucoup. Il faut juste avoir la bonne histoire, et surtout les bonnes intentions, car il ne sert à rien de le ressortir pour tout gâcher. Là, je préfère me concentrer sur des choses nouvelles même si un semblant de Vince Harmon existera dans d'autres personnages, lui-même étant le résultat de mes idoles.

8. En tant que jeune auteur, n'est-ce pas le parcours du combattant pour se faire publier ?
Ça l'est ! Et ça peut même devenir très vite décourageant, entre les refus et autres maisons d'édition qui n'ont visiblement pas l'énergie d'envoyer ne serait-ce qu'un e-mail pour dire qu'ils refusent le manuscrit…
C'est pour ça que j'ai opté pour une maison d'édition alternative, c'est un plus pour un débutant, ça permet de faire exister l'objet. En ce qui concerne les moins, c'est qu'il n'y a pas de présence physique en librairie, il faudra le commander au préalable, donc aucune chance d'attirer l'œil du lecteur via la couverture.

9. Avez-vous d'autres projets à présent ?
J'en ai toujours 5 ou 6 en même temps. J'attends juste que l'un d'entre eux se dégage, devenant ainsi ma priorité. Le processus se fait naturellement, je n'y réfléchis pas trop. Si ça vient, je laisse venir, sinon je ne force pas. Et là, j'ai une idée assez précise de ce que sera mon prochain roman. Cela dit, j'étais persuadé de l'avoir en juin dernier également, et j'ai lâché l'affaire moins d'une semaine après donc…

10. Quels sont les premiers échos de votre travail ?
Globalement, c'est positif. Mais peut-être que mes lecteurs me confondent avec Vince Harmon et ont peur de me dire la vérité ?
Plus sérieusement, j'en suis assez content, surtout lorsque ça vient de gens que je connais. En tant que lecteur/spectateur, c'est toujours embêtant de dépenser de l'argent dans quelque chose qu'on n'a pas aimé. Croiser fréquemment la personne responsable de cette perte d'argent doit être extrêmement pénible. Donc les entendre m'encourager quant à l'écriture d'un deuxième, et me dire qu'ils n'hésiteront pas à l'acheter est plutôt rassurant.