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L'instant ciné
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9 juin 2013

WARM BODIES de Jonathan Levine

941737_490907430979211_651253841_nPathétique.
Catastrophique.
Je manque du superlatifs pour décrire ce machin.

Oubliez tout ce que vous savez des zombies, ça ne vous servira à rien ici, car dans "Warm Bodies", le zombie pense (!!!), il se dit d'ailleurs que ce qu'il fait n'est pas très bien, mais il ne peut pas s'en empêcher, il conserve des gestes quotidiens (il s'essuie la bouche après manger, il ouvre des portières de voitures – et même qu'il va apprendre à conduire ! –, il écoute des disques, prend des photos, se permet un sourire de temps à autre, lit des putains de magazines, etc. La liste est longue !), et sinon, il se met même à parler. Classique quoi.
Encore heureux qu'on nous précise qu'ils ne peuvent pas rêver. C'est embêtant ça, hein ? Et les vivants, eux, ils savent qu'ils ne peuvent pas rêver… du coup, quand le zombie amoureux dit qu'il rêve, ben ça choque les gens, ils comprennent que les choses changent !

Nan vraiment. Oubliez tout. Les zombies, on les a mal cernés depuis le début. Ce sont en réalité des êtres esseulés qui veulent juste ressentir un peu d'amour.

Bon, trêve de plaisanteries pas très amusantes.
Je ne vais même pas parler de l'aspect physique des zombies, plus proche de l'émo qu'autre chose, ou encore du charisme de poulpe mort de Nicholas Hoult. Ni même du fait que ce film est rythmé comme un épisode de "Derrick" (le côté nazi en moins, j'imagine), et qu'il y a une scène "Pretty Womanesque" où les deux meufs sont super excitées à l'idée de maquiller un zombie…
Non, je vais juste dire qu'à ce niveau-là, ce n'est plus une question de cynisme, juste de se sentir valorisé par le film que l'on regarde, ne pas vouloir être pris pour un con. Après avoir tué les vampires ("Twilight" ou encore "Vampires Diaries"), on se met à faire des zombies une connerie romantique pour intéresser un public féminin trop stupide pour appréhender ce qu'est la substantifique moelle d'un monstre.

Mais non, on me dira que c'est ma faute, je suis trop cynique pour ce genre de film, que l'amour nous sauvera tous, et surtout qu'un corps en décomposition peut, du jour au lendemain, à nouveau fonctionner normalement alors même que le mec s'est pris des coups de couteau ou des coups de feu. Oui, tout ça juste parce qu'on a vu un joli cul et qu'on a envie de le croquer.

L'aseptisation que connaît le cinéma ces derniers temps est en train d'atteindre son paroxysme. J'ai déjà peur de ce qu'on va subir plus tard…

(Ah oui, sinon: ce film est une merde, ne perdez pas votre temps à le regarder. The End.)

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