WHDown

J'en ai marre.
J'en ai marre de voir les films de mon enfance faire l'objet de remakes insipides. Surtout quand ces œuvres ne sont pas de simples films "pour enfants", mais justement des œuvres universelles qui ne prennent pas une ride et ont un impact encore plus fort lorsque tu es adulte et, ainsi, capable d'en saisir la portée thématique. J'en ai aussi marre de voir ce même genre de film obtenir une suite 15, 20 ans plus tard, pour réaliser que ceux qui sont aux commandes de la chose (parce qu'ils l'aiment disent-ils) n'ont rien compris à l'univers qu'ils sont en train de saloper. Et puis j'en ai marre de voir de grandes œuvres déclinées de mille et une façons, tout ça sur l'autel du Dieu dollar.
Du coup, après m'avoir cassé les couilles avec son trip auteuriste qu'était "Anonymous", Roland Emmerich a décidé de me chier à la gueule. Pas de chance connard : j'ai la diarrhée. Et je suis poète aussi. Tu peux pas test, Roland.


Car oui, dans 'White House Down', tout est un rip-off mal pensé de 'Die Hard'. Channing Tatum y interprète John Cale, parce que trouver un nom qui ne ressemble pas à John McClane était trop difficile. Du coup, il passera une majeure partie du film en débardeur blanc qui va, petit à petit se salir. Mais pas trop non plus, et avec le sang en moins, faudrait pas choquer ma grand-mère. Avec ça, il se balade dans la Maison-Blanche au lieu du Nakatomi Plaza, et y a sa fille qui fait partie des otages. Oui, parce que sa femme, elle, elle connaît sa place, donc elle est à la maison en train de faire à bouffer et faire le ménage.

Le truc, c'est que je pourrais m'arrêter là. Malheureusement, Emmerich, lui, ne s'est pas arrêté là. Il a fallu (je pense à phallus du coup, et ça m'amuse plus que le film) qu'il s'autoréférence (citer 'Independance Day', ça aussi c'est très malin), et qu'il transforme son film en… buddy movie ! Eh ouais : lorsque Tatum chope le Président des États-Unis (Jamie Foxx, aussi crédible que Brad Pitt butant du zombie dans 'World War Z'), ça devient la bonne grosse pantalonnade, et on se fout du reste. Sauf que Foxx est cool. Donc le Présent doit être cool. C'est pourquoi il portera des baskets de marque, et rien d'autre. On appelle ça la grande classe.
Face à eux, on a droit à un bad guy qui nous apprend qu'il est diabétique (c'est cool, après le crétin qui mange des carottes dans 'Die Hard 5', on reste sur sa lancée, j'aime beaucoup), et une intrigue de vengeance/manipulation/coup d'État/mes couilles sur ton menton/et autres conneries pas franchement intéressantes. Parce que oui, vous savez, dans 'Die Hard', on pense avoir affaire à des terroristes, puis on découvre qu'il s'agit de toute autre chose. Du coup, ça aussi, il faut le reproduire. Merci les gars. Même 'Olympus Has Fallen' (qui a la même idée de départ, allez relire ma review) ne se donnait pas autant de mal pour montrer sa non-originalité. Mais pas Emmerich. Lui, c'est un vieux de la vieille, il s'en bat les steaks.

Alors, oui, le film a pour lui un casting absolument génial (Jason Clarke, Richard Jenkins, James Woods, Jimmi Simpson, Lance Reddick, Kevin Rankin), mais celui-ci n'est au service de rien. Ça met déjà quatre plombes à démarrer (30 très longues minutes d'exposition inutile où l'on va suivre Tatum qui essaie de convaincre sa fille qu'il est cool – parce que tu vois, McClane, lui aussi avait des problèmes avec sa femme !), et une fois que l'action est là, y a pas grand-chose de très palpitant. PG-13 oblige, ça reste très correct dans son déroulement, à peine divertissant tout au plus. Bon, c'est sûr, c'est moins pire que 'Die Hard 5' et plus regardable que 'Olympus Has Fallen', mais ce n'est pas suffisant pour réévaluer sa qualité. Le truc, c'est que 'White House Down' n'est pas assez intelligent pour être bien, et n'est certainement pas assez con pour être fun. En fait, le film pourrait se résumer en une scène : Channing Tatum qui cause avec un écureuil. Voilà.

Maintenant, je pose une question très sérieuse : comment peut-on prétendre aimer 'Die Hard' (je parle bien sûr du travail de John McTiernan) et trouver ne serait-ce que sympathique la suite/merde qui nous a été livrée cette année ? Comment peut-on prétendre aimer 'Die Hard' et voir en 'Olympus Has Fallen' et 'White House Down' des divertissements sinon excellents, au moins de qualité, qui en sont de dignes héritiers ? Comment peut-on prétendre que ces choses-là ont "l'esprit 'Die Hard'" ? Comment peut-on simplement oser les mettre dans la même catégorie ? Comment peut-on être fier d'avoir apprécié ça ? La réponse est bien simple : parce que vous n'avez décidément toujours pas compris ce qui faisait de 'Die Hard' le chef d'œuvre qu'il est.
'White House Down' est à ranger dans votre DVDthèque, catégorie poubelle.