theend'THIS IS THE END' de Seth Rogen & Evan Goldberg

Ça paraît assez incroyable, mais il est possible d'aimer un film qui contient les Backstreet Boys, le Gangnam Style et Céline Dion dans sa BO. Ce film, c'est 'This is the End' de Seth Rogen et Evan Goldberg.

Démarrons tout de suite par son plus gros problème: débarquer plus ou moins en même temps que 'The World's End' d'Edgar Wright. Dans le genre comédie sur fond de fin du monde, elles ne peuvent pas être plus éloignées l'une de l'autre évitant de facto toute comparaison, mais affronter la dernière pépite du tandem Wright/Pegg est toujours un poil casse-gueule, surtout lorsque celle-ci se permet de tenir un propos en plus d'être drôle. Malgré ça, Rogen/Goldberg s'en sortent à merveille pour leur première réalisation.

L'idée : une fête chez James Franco ruinée par la fin du monde, et un groupe de survivants tentant tant bien que mal de gérer la situation un tantinet compliquée par des démons… à grosses bites. D'ailleurs, si vous voulez voir un zob détruire un building, 'This is the End' est LE film que vous devez voir.

Le casting jouant son propre rôle, ça référence pas mal les filmographies respectives, plus pour se foutre de la gueule du monde que s'auto-congratuler bien entendu. D'ailleurs, les (trop rares) caméos sont assez géniaux. Si l'on voit beaucoup de têtes connues au début (Michael Cera sous coke et en grande forme, et surtout le plaisir de voir Rihanna mourir), c'est totalement différent une fois le cataclysme enclenché. Reste Emma Watson ("Hermione just stole all of our shit") et surtout, le plus savoureux du film : Channing Tatum.

À l'instar du film de Wright, 'This is the End' tente la carte de l'intime et de l'émotion via l'amitié entre Rogen et Jay Baruchel mise à mal par le nouveau groupe d'amis de ce premier. Ça fait partie des choses qui ne peuvent fonctionner que si vous êtes familier avec l'histoire/filmographie du casting, mais cela n'enlève malheureusement rien au fait que le sujet est trop survolé pour vraiment fonctionner. On reverra plutôt 'Superbad' (des mêmes auteurs) pour atteindre ce but.
Reste un creux d'une petite demi-heure à mi-parcours (le huis clos est un exercice difficile), et un final pas franchement génial, mais rien qui ne gâche le plaisir.
C'est souvent stupide, ça ne pète jamais plus haut que son cul, et c'est surtout drôle. Et puisqu'on est venu pour ça…

"I call him Channing Taint-YUM !"


hango'THE HANGOVER - Part III' de Todd Phillips

'The Hangover' (ou 'Very Bad Trip' pour l'idiot du fond), c'est :
- Un premier film pas génial, mais qui reste sympathique et divertissant dont le principal défaut est d'avoir été totalement survendu.
- Un second film qui est une copie conforme du premier, perdant de facto la sympathie qu'on aurait pu lui accorder, MAIS son gros avantage est d'avoir toujours été honnête sur ce point, et ce même avant le début du tournage (on peut pas crier à l'arnaque quoi).
- Un troisième volet qui décide de prendre des libertés avec le concept, à l'exception près de Justin Bartha qui est là dix minutes puis disparaît jusqu'à la fin. La promesse de ne pas refaire la même chose en somme. Et la promesse est tenue : cette fois, c'est drôle !


Oui, je suis le premier étonné d'avoir aimé ce 'Hangover Part III'. C'est toujours loin d'être génial, mais c'est clairement le meilleur des trois. Sur les deux autres, au mieux, je souriais, sur celui-ci, ce sont de vrais rires bien francs – parfois même gras – qui s'échappent. Et ça, ça fait plaisir ! La raison est très simple : Zach Galifianakis est la vedette de l'épisode, et en plus de se donner à fond, on réalise très vite que son personnage, Allan, est tout bonnement encore plus stupide et arrogant que jamais. En résulte une flopée de dialogues/situations assez drôles (le coup de la girafe en ouverture, tout simplement grandiose et donne le ton).

Certes, le film ne vole jamais très haut, mais il parvient enfin à faire ce que les deux autres épisodes n'ont pu réussir : me surprendre. Il est juste extrêmement dommage que le bad guy interprété par John Goodman soit sous-exploité, laissant une plus grande place à Chow, alias Ken Jeong en totale roue libre. D'ailleurs, il est assez clair que si son duo avec Allan vous paraît insupportable, l'appréciation du film va être très compliquée…

Bref, une comédie tellement stupide qu'elle en devient forcément amusante. Pas aussi bien que 'Road Trip' ou 'Old School', mais bien supérieur à ce que Todd Phillips a pu faire ces dernières années. On oubliera volontiers la tentative d'émotion à la fin qui est un poil foireuse (une manière de dire que c'est vraiment fini) et on regrettera surtout la scène durant le générique de fin qui n'est vraiment pas nécessaire et s'avère être à la limite de la parodie.

"So long, bitches !"