olumpusIl y a des films comme ça, on se dit que ça ne sert à rien d'en parler. Mais parfois, les gens disent tellement de conneries sur le-dit film que t'es plus ou moins obligé de te dévouer pour réparer les erreurs. Un peu comme une femme de ménage devant s'occuper des toilettes après une "gastro party" ayant mal tourné. Ça ne l'enchante pas, mais faut bien que quelqu'un le fasse. Moi, je nettoie le caca du cinéma. Du coup, me voilà en train d'écrire sur "Olympus Has Fallen", alias "La chute de la Maison Blanche" en français dans le texte. Et croyez-moi bien que lorsque je parle de réparer les erreurs, ce n'est pas une question de point de vue, mais bel et bien de faits.
Mais commençons par le reste, voulez-vous ?

Alors est-ce une catastrophe ? Non. C'est loin d'être honteux, mais c'est aussi très dispensable. Du Antoine Fuqua en somme. Malgré tout, le film se laisse suivre sans déplaisir une fois qu'on est parvenu à passer la mise en place très laborieuse…
Laborieuse pour ne pas dire inutile, car on nous installe un trauma pour Gérard Butler, même si ça ne sert strictement à rien quant à l'intrigue. Ça crédibilise le personnage nous dit-on, il faut qu'il soit tourmenté, quitte à ce que ça ne prenne place que lors d'un flash-back (d'un truc qu'on a vu y a pas 10 minutes…) et à travers deux ou trois dialogues sans intérêt. C'est bien, car ça fait gagner dix minutes. Le spectateur, lui, il en a perdu tout autant. Mais c'est bien aussi, car ça permet d'installer deux ou trois agents des services secrets. L'un mourra durant l'attaque de la Maison Blanche (parce que tu vois, en 17 secondes, y a eu une connexion émotionnelle, du coup, le voir mourir, ça fait mal au cœur), et l'autre… rejoint les méchants.
Si si. En plus de pomper l'intrigue de base d'une poignée d'épisodes de je ne sais plus quelle saison de "24" (quand c'était déjà devenu n'importe quoi hein, faudrait pas pomper ce qui est bien), ils reprennent même l'idée de la taupe/traître/bouffon de service. Ici, c'est Dylan McDermott qui s'y colle. Grand bien lui fasse. J'espère qu'il profite bien de son chèque. Parce que nous, spectateurs, on essaie encore de comprendre la raison de ce revirement qui n'est tout simplement pas expliqué.
Ami scénariste, un conseil pour toi : au lieu de perdre du temps à raconter des trucs qui ne servent à rien dans ton film, prends ce temps pour expliquer les motivations des personnages. Bisous.

Comme on n’est pas à un pompage près, on reprend une scène mythique de "Die Hard" (attention, on se rapproche de ce qui nous a amenés ici au départ), à savoir la rencontre entre John McClane et Hans Gruber. Tu sais, la scène sur le toit, où Hans se fait passer pour un otage, car McClane ne sait pas à quoi il ressemble ? Ben là, c'est le traître qui fait semblant d'être le gentil, et qu'il est content de revoir son pote.
Bon, ça pompe, ça pompe, mais vu qu'on ne bande pas, y a pas d'éjaculation. Image un poil (de couille) vulgaire pour dire que toute la séquence est aussi foireuse que le reste du film. Tout ce qui fait de la scène de "Die Hard" un grand moment est absent. Mais c'est cool, ça permet au gentil devenu méchant de redevenir gentil juste avant de mourir. C'est ridicule, je spoile, mais c'est pas grave, car c'est ridicule. Pendant ce temps, Butler, il n’en a strictement rien à branler d'avoir tué son ancien pote en pleine rédemption (qui n'a, évidemment, toujours aucune logique). "Les sentiments, c'est pour les pédés" semble nous dire son regard. Et là, on repense au trauma à la con…
Chouette, hein ?

Bon, je charrie, mais y a un vrai bon point dans ce film, et celui-ci (parce que je ne suis pas un chien, bien que j'aboie beaucoup) tient dans les terroristes coréens : entre eux, ils parlent coréen. C'est peut-être un détail pour beaucoup d'entre vous, mais moi ça me met en joie quand on réfléchit deux minutes à la logique de fonctionnement d'un personnage. Dommage que ce ne soit pas ainsi pour tout le film, ç'aurait presque pu être bien.
En plus de cela, à partir du moment où l'action démarre, le film est assez sympa. Très con, mais sympa. Butler joue un ex-agent secret limite faf qui bute tout ce qui bouge sans se poser de question (c'est vrai quoi, pourquoi se faire chier à arrêter les mecs et les juger pour terrorisme ? REDRUM mothafucka !), et ça lui sied à ravir. Tout ça est bien sympathique et nous empêche de nous endormir devant le film… Oui, mais c'est là que j'ai un problème avec ce que certains disent. Et nous voici donc sur ce qui m'a amené à écrire cette critique. Je ne vous cacherai pas que les gens ont encore dit beaucoup de conneries, et que c'est particulièrement honteux de tenir des propos comme ceux que j'ai pu entendre ou lire.

Résumons donc "Olympus Has Fallen" en quelques lignes, voulez-vous ?
Un homme, seul contre tout un groupe de terroristes. L'action se situe dans un lieu unique (une sorte d'immeuble dirons-nous), et ce dans un laps de temps assez court, à savoir une nuit.
OH MON DIEU ! MAIS C'EST ÉVIDENT ! C'EST "DIE HARD" !

Retarded 

Alors oui, si vous considérez que "Speed", ou bien encore "Piège en haute mer", c'est un peu "Die Hard", très bien, alors dans ce cas, "Olympus Has Fallen" est tout à fait digne d'un "Die Hard". Mais pour moi, un "Die Hard", c'est avant tout de la qualité, avec des personnages humains et une action à hauteur d'homme (la liste est longue pour définir ce qui fait un "Die Hard", permettez-moi de ne pas m'éterniser). Mais si pour vous c'est juste un concept déclinable de mille et une façons, alors oui, dans ce cas, je veux bien que la première connerie qui vous passe sous les yeux soit digne d'un "Die Hard", mais ne venez pas vous étonner si l'on vous traite de crétin.

Bref, "Olympus Has Fallen", ça vaut quoi ? Ben pas grand-chose en fait. Comme dit précédemment, c'est pas spécialement honteux, mais c'est très dispensable. C'est con, c'est divertissant, mais ça ne va absolument pas plus loin. Et si après tout ce que je viens de dire, vous pensez encore que c'est ça qu'aurait dû être "Die Hard 5", et qu'à la question : "vraiment ? Vous êtes sûrs de votre coup, les gars ?" vous me répondiez "oui", alors, je ne peux plus rien faire pour vous.

En fait, y a rien à en dire sur "Olympus Has Fallen", fallait juste passer derrière la connerie du peuple. Eh oui, c'est aussi ça mon boulot : nettoyer la merde.
Mission accomplie.
Au suivant !