trekQuatre ans ! L'attente était longue, mais elle en valait la peine ! "Star Trek" édition JJ Abrams est de retour, rempli de promesses toutes plus tenues les unes que les autres, et tout démarre dès l'intro. Si celle de son prédécesseur était un prologue posant les bases de cette réalité alternée (un moyen d'être déférent à la série d'origine tout en recommençant à zéro… mais en étant du coup une suite, ce que certains n'ont visiblement pas encore compris !), cette fois-ci, Abrams joue la carte du fun avec une intro qui fout la banane de la première à la dernière seconde. Jouissif à souhait, tant dans l'aventure que dans l'humour qui y est déployé (les deux se côtoient parfaitement), c'est un bonheur à l'état pur dans la droite lignée du précédent volet.

Justement, le premier "Star Trek" (enfin, le premier de JJ Abrams, car c'est le onzième… puisque c'est une suite !), un film que j'ai appris à aimer. Passé complètement à côté lors de sa première vision (je ne vais pas me chercher d'excuses, mais les conditions y ont contribué), c'est lors de sa seconde vision que j'ai commencé à l'apprécier, pour l'adorer à la troisième. Lors de la quatrième, le film avait pris un tout autre niveau : il n'était plus le simple divertissement généreux dont je parlais dans ma critique, mais bien plus. Un condensé d'émotions projeté au milieu d'un spectacle à couper le souffle. J'ai appris à connaître Kirk et Spock, et me suis attaché à ces personnages. Élément imparable pour l'appréciation de beaucoup de films, et "Star Trek" joue là-dessus. Car comme c'était le cas pour le précédent film, "Star Trek Into Darkness" gravite son récit sur les relations humaines (oui madame !) et joue sur la dynamique entre ces deux personnages (Kirk et Spock sont devenus mes nouveaux Joey et Chandler !), et tout y est parfait : chacun de leurs échanges, qu'ils soient au premier ou au second degré, sont formidablement écrits.
En fait, la relation entre ces deux êtres que tout oppose (mais reliés par l'amitié) est le cœur du récit, et c'est là que tient la majorité des émotions qui transparaissent à l'écran: l'attachement que l'on a envers les personnages. Pour moi, c'est la chose la plus importante dans les "Star Trek" de JJ Abrams, le reste n'étant rien de plus que du bonus.

Et question bonus, on a de quoi bouffer ! Abrams prouve à nouveau qu'il a un sens du rythme (et donc du spectacle) hors du commun : les films se déroulent sans aucun temps mort, et l'un comme l'autre est parsemé de moments forts. Certes, concernant les séquences d'action, il ne fait pas de miracle, mais il maîtrise suffisamment bien sa caméra pour qu'elles soient toujours lisibles en plus d'être généreuses, ce qui, aujourd'hui, relève du défi ! De plus, avec "Into Darkness", il se permet de nous livrer un bad guy digne de ce nom, interprété par l'excellent Benedict Cumberbatch.

Alors oui, je me réfère beaucoup au précédent film (d'ailleurs vous aurez le plaisir de voir des Klingons, visibles uniquement dans les scènes coupées de "Star Trek" premier du nom), car globalement, ceux qui l'on détesté ne changeront pas d'avis. Ici, c'est une suite tout ce qu'il y a de plus logique (ça doit faire plaisir à Spock, ça !), et tout ce qui faisait la réussite du premier est toujours bien présent ici. Évidemment, les personnages étant déjà installés, on entre immédiatement dans le feu de l'action, permettant, du coup, plus de dramaturgie. Et si JJ Abrams avait déjà humilié toute la prélogie "Star Wars" en un seul film, "Into Darkness" nous prouve qu'il ne comptait visiblement pas s'arrêter en si bon chemin en livrant un récit d'une cohérence assez incroyable : tout ce qui est montré, ainsi que chaque thématique, aura son importance pour la suite de l'histoire !

Un autre personnage central de "Star Trek Into Darkness" est bien entendu Michael Giacchino, qui lui, continue de s'imposer comme LE compositeur actuel en livrant ce qui est à ce jour le meilleur soundtrack de l'année, et crée une partition originale dantesque tout en reprenant le Main Theme concocté pour le précédent film… en l'améliorant ! Chose qu'il faisait déjà sur les thèmes de "Lost", mais plus rien ne nous surprend : 10 ans que j'aime le bonhomme, et il se peaufine avec le temps. Un bonheur auditif qui nous fait regretter que lui, le nouveau John Williams, ne soit pas à la barre de "Man of Steel" à la place du gros bourrin Hans Zimmer.
Dommage.

Maintenant, si l'on voulait pinailler, le seul reproche que l'on pourrait faire au film est sa conclusion un peu hâtive. Attention, je ne parle pas d'une fin bâclée, mais bel et bien de la conclusion. Peut-être cela vient-il de l'attachement aux personnages rendant ainsi difficile l'idée de les quitter. Car rares sont les films qui nous offrent un spectacle sans temps mort comme le fait JJ Abrams sur ses "Star Trek", et la première chose que l'on veut faire une fois le générique débuté est de repartir à l'aventure avec l'équipage de l'Enterprise.
Si la postlogie "Star Wars" est désormais entre de bonnes mains, gageons que "Star Trek" l’est toujours. Nul doute qu'Abrams n'abandonnera pas complètement le navire et gardera ainsi un œil attentif pour s'assurer de l'avenir de l'équipage.

Live long & prosper, JJ Abrams... and may the Force be with you !