30369_481509795252308_1989440707_nHallelujah ! Shane Black l'a fait !
De belles promesses jamais tenues (le trailer promettait quelque chose de plus adulte... mais en fait, non), et une bonne partie de la critique le démolit, prétextant que Shane Black s'était fait bouffer par la Marvel. En fait, il s'agit plus de concessions qu'autre chose. "Iron Man 3", c'est un peu un film bâtard. Shane Black fait ce qu'il sait/aime faire, et puis livre également une production Marvel. Ainsi, il y a de nombreuses ruptures de ton, souvent drôles mais faisant le contrepoint avec l'élément dramatique attendu.
Est-ce un mal ? D'aucuns jugeront que oui, mais en attendant, considérant qu'on est dans un "Iron Man", difficile de faire la fine bouche tant Shane Black est parvenu à me faire prendre du plaisir de la première à la dernière minute (bon, j'avoue, la première scène, un flash-back, n'est pas géniale, mais après ça, c'est du tout bon).

Le truc, c'est que bien souvent, Iron Man est relégué au second plan pour laisser la place à Tony Stark, et le sens du one-liner de Black réussi à faire mouche très souvent. Il n'évite pas quelques fautes de goûts, bien entendu (l'ouverture sur "Blue" pour bien marquer l'époque, ou le coup du caca avec le Mandarin en sont de parfaits exemples), mais le tout est tellement bien amené qu'on se marre de bon cœur là où la consternation régnait à la vision de son prédécesseur.
Quelques problèmes au niveau des séquences d'actions également, celles-ci étant surdécoupées, mais il n'empêche qu'elles restent jouissives (la destruction de la villa, ou encore Iron Man sauvant les gens du crash de l'avion sont de sacrés moments de bravoure qui foutent la banane) et Black amène même une touche d'humour à travers des vannes salvatrices grâce à un sens du rythme (je ne vais pas déflorer comment se termine le sauvetage, mais ma réaction fut un rire bien gras).

Fun et plein d'humour, "Iron Man 3" l'est, mais il y a toutefois quelques petites touches dramatiques. Les actions d'Iron Man à New York dans "The Avengers" le hantent, et Black se permet, sans touché au génie de Sam Raimi dans "Spider-Man 2", faut pas déconner non plus, de laisser Iron Man de côté pendant une bonne demi-heure, le temps d'un séjour dans l'Utah. Et là, on retrouve d'autant plus la patte du scénariste, à travers la relation de Tony et un môme (le menant d'ailleurs à une scène à la MacGyver "James Bondienne" qui fera hurler au cynisme ceux qui, visiblement, n'acceptent pas une dose d'humour dans un blockbuster).
On retrouve également le Shane Black qu'on connaît à travers la relation Tony/Rhodes. Tout ça, c'est du pur Shane Black ! Du buddy movie comme on en fait plus.

Nous entrons dans une partie qui risque d'être un poil spoiler. Vous voilà prévenu !
Ce qui fait hurler bon nombre de critiques provient d'un twist que beaucoup considèrent horrible. Et oui, il l'est (d'ailleurs, j'ai hâte d'entendre les anti-Nolan me justifier ça en sachant qu'ils ricanaient bêtement avec le coup de Marion Cotillard dans "The Dark Knight Rises" qui est du même niveau). Le truc, c'est que le Mandarin, méchant au potentiel énorme, n'est jamais en premier plan. Du coup, quand vient le twist, celui-ci n'a finalement pas tant d'impact que cela. C'est juste l'occasion de quelques bouffonneries avec une dose de mauvais goût (le coup du Mandarin qui fait caca, c'est too much, surtout dans le contexte du twist !).

Oui, "Iron Man 3" a des défauts indéniables (son épilogue totalement raté bien évidemment en tête, les incohérences, et le coup foireux du Mandarin pour les connaisseurs du Comics), mais le plaisir que l'on prend devant est quant à lui incontestable !
Un grand film? Certainement pas. Un plaisir loin d'être coupable? Assurément !